domingo, 26 de junho de 2011

Des chrétiens pour Gaza - Témoignage chrétien

20 juin 2011, Témoignage Chrétien http://unbateaupourgaza.fr

Des évêques et des responsables d’Églises soutiennent le projet d’une flottille internationale visant la levée du blocus israélien contre Gaza. Une « démarche politique » assumée.

Par Henrik Lindell

Les chrétiens qui contestent le blocus israélien contre Gaza peuvent compter sur la bénédiction de beaucoup de responsables d’Églises, catholiques et protestants.

Un « Appel aux chrétiens à se joindre à l’initiative “un bateau pour Gaza”» a été signé le 27 mai par plusieurs évêques, dont Yves Patenôtre (archevêque de Sens-Auxerre et prélat de la Mission de France), ainsi que par des pasteurs protestants dont Jean-Arnold de Clermont, ancien président de la Fédération protestante de France.

Il s’agit à la fois de « répondre à la crise humanitaire » que subit la population de Gaza et « de promouvoir et de faire respecter le droit international ».

EXPERIENCE
L’action que ces responsables religieux soutiennent est un acte de désobéissance civile. La flottille internationale, mobilisant dix bateaux venant d’une dizaine de pays dont la France, devrait s’élancer vers Gaza autour du 25 juin (la date exacte est gardée secrète).

L’idée est de dénoncer et briser un blocus qui dure depuis 2007 et qui est contraire à la résolution 1860 (du 8 janvier 2009) du Conseil de sécurité des Nations-unies. Environ un million et demi de Palestiniens sont ainsi privés de la possibilité de se nourrir et de se soigner correctement.

Israël se justifie en se référant au Hamas. Force islamiste et nationaliste, le Hamas est sorti vainqueur des élections démocratiques il y a quatre ans. Un de ses principaux torts est de refuser de reconnaître la légitimité de son puissant voisin. Le Hamas et Israël sont en guerre ouverte depuis trois ans. L’armée israélienne surveille particulièrement la frontière maritime, craignant notamment des trans ports d’armes.

La flottille internationale 2011, également intitulée Flottille de la liberté, s’appuie sur l’expérience de projets similaires les années précédentes.

La première expédition – plutôt réussie – a eu lieu en 2008. La dernière grande expédition internationale, en mai 2010, s’est soldée par un drame : des commandos israéliens ont fait dix morts sur le bateau turc Mavi Marmara. Et les six bateaux concernés n’ont pu atteindre la côte de Gaza. Mais l’opération a permis de populariser la cause auprès de l’opinion publique internationale.

NON-VIOLENCE
Le projet « Un bateau français pour Gaza » recueille le soutien de très nombreux associations et mouvements. Beaucoup sont chrétiens, comme le CCFD-Terre solidaire, la Cimade, Pax Christi, l’ACAT.

Même le dernier Synode national de l’Église réformée de France du 5 juin dernier a demandé de soutenir l’initiative. Comme ces organisations, les responsables religieux se fondent sur « la conviction qu’une paix juste est possible, que le pardon et la réconciliation sont toujours offerts ».

S’inscrivant dans le principe de la non-violence, qui est aussi celui de la Flottille, les religieux précisent que l’action « n’est pas tournée contre Israël ». Ils mettent surtout en avant la « démarche politique ».

En se référant au principe évangélique « Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu » (évangile selon Matthieu 5.9), les évêques et les pasteurs expliquent qu’il « s’agit bien de “faire œuvre”… pas seulement de dire “paix !, paix !” Et par conséquent d’en prendre le risque ».

Un appel, qui somme toute, prend des accents dignes du pasteur résistant Dietrich Bonhoeffer, qui au sujet de l’avènement de la paix, écrivit ceci : « Le chemin de la paix n’est pas celui de la sécurité. Car la paix doit être audacieuse. C’est le grand risque à prendre. […] La paix est le contraire de la sécurité. » (2)

(1) Ont également signé ce document : Mgr Bernard Housset (La Rochelle et Saintes), Mgr Marc Stenger (Troyes), président de Pax Christi, et Mgr Philippe Brizard, directeur de la Maison d’Ananie. Parmi les pasteurs, citons aussi Jacques Maury, Jacques Stewart et Jean Tartier.

(2) Dans un discours en 1934 sur l’île danoise de Fanø, cité in Dietrich Bonhoeffer par Frédéric Rognon, Olivétan, 2011.


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L´APPEL :

Appel aux chrétiens à se joindre à l’initiative « Un bateau pour Gaza »

Dicese de Verdun http://catholique-verdun.cef.fr/spip/

Chers frères et soeurs
des communautés chrétiennes de France,

Dans les prochaines semaines, une nouvelle flottille de la liberté veut relancer la mobilisation internationale pour la recherche active d’un avenir commun pour Israéliens et Palestiniens, condition majeure du règlement du conflit qui les oppose. Elle comprendra un bateau français et va s’élancer vers Gaza pour dénoncer et briser, si possible, le blocus israélien de ce territoire de 41 km de long sur 6 à 12 km de large où vivent plus d’un million et demi de Palestiniens. Il s’agit de répondre à la crise humanitaire que subit cette population même si l’étreinte dont elle est victime s’est très légèrement desserrée depuis la première flottille de la liberté, en mai 2010 ; il s’agit aussi de promouvoir et de faire respecter le droit international.

La campagne internationale mobilise en France depuis plusieurs mois de multiples organisations1 et personnes, signataires de la plateforme des ONG françaises pour la Palestine, signataires du collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, et signataires individuels, tous attachés à rompre le mur de l’indifférence.

Nous pensons que les communautés chrétiennes de France devraient porter cette action dans leurs préoccupations et la prière. Par cet appel, nous voulons partager avec nos frères et soeurs chrétiens la conviction qu’une paix juste est possible, que le pardon et la réconciliation sont toujours offerts, et qu’en nous mettant à l’écoute de la Parole de Dieu nous pouvons recevoir de Lui une vision d’avenir. Nous sommes d’autant plus encouragés à lancer cet appel que déjà, en 2006, au lendemain d’un premier appel en faveur d’un bateau pour Gaza, ONG et services liés aux Eglises catholique et protestantes s’étaient concertés pour y donner une réponse commune. Seules les circonstances politiques du moment en avaient retardé la réalisation.

Avec vous, nous voulons partager la Béatitude de la paix : « Heureux ceux qui font oeuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu » (Matthieu 5, 9. TOB). Il s’agit bien de ‘faire oeuvre’… pas seulement de dire ‘paix ! paix !’. Et par conséquent d’en prendre le risque. Or la paix ne peut dépendre ni de l’usage délibéré de la terreur, ni de l’humiliation, ni de la misère, mais en l’occurrence de la recherche passionnée d’un avenir commun entre Israéliens et Palestiniens, dans le respect mutuel, dans l’application du droit, et dans la quête de la justice. Nous croyons qu’en mobilisant l’opinion internationale autour de cette deuxième flottille de la liberté, nousengagerons les parties en présence et tous ceux qui les soutiennent à faire de nouveaux pas en faveur de cet avenir commun.

Il s’agit incontestablement d’une démarche politique. La paix et la justice sont les biens les plus évidents de l’action politique. Pourquoi y serions-nous insensibles ? Nous sommes attachés au droit imprescriptible de l’Etat d’Israël d’exister, en paix, dans ses frontières reconnues, et au droit du peuple palestinien de développer ses institutions démocratiques dans un Etat libre et prospère. La démarche totalement non violente de la deuxième flottille de la liberté n’est pas tournée contre Israël ; elle appelle la communauté internationale à sortir de l’indifférence et à ne pas se contenter de paroles mais à agir. Elle exhorte les parties en présence à sortir du conflit pour rechercher les compromis nécessaires entre des droits contradictoires ; c’est une démarche éthique fondée au nom « d’une vision commune bâtie sur l’égalité et le partage, non sur la supériorité, ni sur la négation de l’autre, sous prétexte de peur ou de sécurité »2.

Mais il s’agit d’abord d’un appel à la prière qui reste la force des croyants dans leur faiblesse et reconstruit en eux l’espérance qui permet de « voir Dieu au milieu de l’épreuve et d’agir avec son Esprit »3. Nous vous invitons donc à faire une place particulière dans votre prière personnelle et en communauté pour que la deuxième flottille de la liberté puisse atteindre ses objectifs au service de la paix. Au lendemain de Pâques, où nous avons reçu le message renouvelé de la présence du Christ ressuscité dans un monde promis à la vie nouvelle, nous faisons monter vers Dieu le cri d’espérance de nos frères et soeurs chrétiens d’Israël et de Palestine qui attendent « le triomphe de Dieu sur le mal de la haine et de la mort qui règnent encore sur notre terre ».4

Chacun des signataires de cet appel est à votre disposition pour répondre à toute question qui vous semblerait utile pour comprendre sa démarche. Vous trouverez par ailleurs, sur les sites du CCFD-Terre solidaire (http://ccfd-terresolidaire.org) de la Cimade (http://www.cimade.org), de Chrétiens de la Méditerranée (www.chretiensdelamediterranee.com), de Pax Christi (http://paxchristi.cef.fr) et sur le site de la campagne « Un bateau pour Gaza » (www.unbateaupourgaza.fr), tous les renseignements nécessaires et la possibilité de suivre l’opération « Un bateau français pour Gaza » dans le cadre de la flottille de la liberté.

Nous vous prions de croire en nos messages bien fraternels,

Mgr Yves Patenôtre, archevêque de Sens-Auxerre
Mgr Bernard Housset, évêque de La Rochelle et Saintes
Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes, président de Pax Christi
Mgr Philippe Brizard, directeur de la Maison d’Ananie
et directeur émérite de l’OEuvre d’Orient

Jean-Arnold de Clermont, pasteur
Jacques Maury, pasteur
Jacques Stewart, pasteur

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