24 février 2012, Association France Palestine Solidarité http://www.france-palestine.org (France)
AFPS - Indecosa CGT
L’Association France Palestine Soli¬darité (AFPS) et Indecosa-CGT ont alerté à maintes reprises les administrations (DGCCRF et les Douanes) sur la vente du gazéificateur Sodastream (ou Soda Club) avec un étiquetage trompeur : « Made in Israel » alors qu’il est fabriqué dans la colonie israélienne de Mishor Adumim/Maale Adumim en Cisjordanie, sous occupation militaire israélienne.
Le Procureur de Nantes vient de décider de classer sans suite la plainte de l’AFPS et d’Indecosa-CGT, malgré le procès verbal de la Direction de la répression des Fraudes qui recom¬mandait des poursuites pénales au regard de l’irrégularité de l’étiquetage du produit Soda-Club.
Dans ses attendus, le Procureur confirme de façon catégorique ce que nous disons depuis toujours : les gazéificateurs Soda-Club sont bien assemblés dans la colonie de Maale Adumin en Territoires Palestiniens Occupés. Mais selon lui cela n’influence pas l’acte d’achat, et la caractérisation du délit n’est pas suffisante pour donner lieu à poursuite pénale au titre de « tromperie sur l’origine » pour le consommateur : « les mensonges contractuels ne sont pas tous punissables »
Or pour de nombreux consommateurs, il est déterminant, sur un plan éthique, de différencier l’acte d’achat selon que le produit en question sera effectivement en provenance soit de l’Etat d’Israël proprement dit, soit d’une colonie israélienne de peuplement située en Cisjordanie, territoire palestinien illégalement occupé par Israël.
C’est d’ailleurs à ce titre qu’une consommatrice de Montpellier avec l’association de consommateurs Indecosa-CGT, après achat d’un gazéificateur Soda Club étiqueté « Made in Israel », a porté plainte contre le distributeur Darty s’estimant trompée. Comme de nombreux consommateurs, elle n’aurait pas acheté ce produit si elle avait connu son origine réelle.
On constatera, dans ce cas d’espèce, que c’est la vigilance citoyenne qui oblige l’administration à réagir.
Il est certain que nous ne pouvons accepter le classement sans suite, et nous n’en resterons donc pas là…comme nous y incitent les chefs des missions diplomatiques européennes en poste à Jérusalem, dans leur dernier rapport sur l’année 2011. Fait nouveau, ils recommandent un certain nombre de mesures contre la colonisation israé¬lienne et son expansion :
• « S’assurer que les produits manufacturés dans les colonies [à Jérusalem est] ne bénéficient pas de tarifs préférentiels dans le cadre de l’accord d’association UE-Israël
• Sensibiliser le public sur les produits des colonies, par exemple en donnant des lignes directrices sur la labellisation aux vendeurs de l’Union européenne
• Empêcher/décourager les transactions financiers des entités d’Etats membres de l’UE qui soutiennent les colonies à Jérusalem-Est
• Inviter la Commission européenne à proposer une législation européenne appropriée pour empêcher/ décourager les transactions financières en soutien à l’activité des colonies »
Le Procureur n’aurait il pas connaissance de ces recommandations ?
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quarta-feira, 29 de fevereiro de 2012
sexta-feira, 9 de dezembro de 2011
NETANYAHU ET LES PRINTEMPS ARABES
7 décembre 2011, Association France Palestine Solidarité (AFPS) http://www.france-palestine.org (France)
Charles Enderlin - blog
Un pouvoir idéologique a toujours tendance à placer la réalité au service de ses idées. La situation présente, explique-t-il, est éphémère. Car, si le danger n’est pas immédiat, l’avenir est inexorablement porteur de catastrophes.
C’est ainsi que, le 10 juillet 1996. Premier ministre, fraichement élu, Benjamin Netanyahu expliquait dans un discours devant le Congrès à Washington que l’absence de démocratie dans le monde arabe l’empêchait de faire des concessions territoriales : « […] Nous devons appliquer les standards de la démocratie et des droits de l’homme au Proche orient. Je crois que chaque musulman, chaque chrétien et chaque Juifs de la région a droit à cela. Je ne pense pas que nous devons accepter l’idée que le Proche Orient soit le dernier sanctuaire isolé « sans démocratie » pour toujours à l’exception d’Israël. Le Proche-Orient n’a pas encore réalisé ce passage fondamental de l’autocratie vers la démocratie. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas avoir la paix dans cette région, une paix avec des régimes non démocratiques. Je crois que nous le pouvons. C’est un fait, nous avons eu de tels accords de paix. Mais, ils peuvent être caractérisés que comme étant une paix défensive, où nous devons conserver des acquis essentiels pour la défense de notre pays et suffisants pour [notre dissuasion].Jusqu’à ce que la démocratisation existe dans la région, la voie correcte pour le monde démocratique, conduit par les Etats-Unis, doit être de renforcer la seule démocratie du Proche Orient, Israël »
Mais pas n’importe quelle démocratie. Les Printemps arabes sont, pour Benjamin Netanyahu, porteurs de tous les dangers. Le 23 novembre dernier, à la Knesset, il a ainsi défini les raisons pour lesquelles Israël ne pouvait pas faire certaines concessions : « Le Moyen Orient n’est pas un endroit pour les naïfs. En février dernier, j’étais debout à ce podium lorsque des millions d’égyptiens descendaient dans les rues du Caire. Des commentateurs et de nombreux membres de l’opposition m’avaient expliqué que nous étions à l’orée d’une nouvelle ère de libéralisme et de progrès qui évacuerait l’ordre ancien. J’avais répondu en espérant que ce serait le cas mais qu’en dépit de tous nos espoirs, il était probable qu’une vague islamiste inonde les pays arabes, une vague antioccidentale, antilibérale, anti-israélienne et, en fin de compte, anti-démocratique. Ils disaient que je voulais alarmer le public, que je ne voyais pas que j’étais du mauvais côté de l’histoire, que je ne voyais pas la direction que prenaient les choses. [Les printemps arabes] bougent, n’avancent pas dans le sens du progrès, mais reculent. […] Je vous demande aujourd’hui, qui n’a pas compris l’histoire ? Je me souviens : nombreux d’entre vous me lançaient des appels- et quels appels !- afin que je saisisse l’occasion et fasse des concessions précipitées. C’est le moment disiez vous ! Ne ratez pas l’occasion ! Mais je ne fonde pas la politique d’Israël sur une illusion. La terre tremble ! Nous ne savons pas qui contrôlera toute terre à laquelle nous renoncerions. Pas demain, pas cette après midi. Nous voyons que la réalité change, elle change partout. Qui ne voit pas cela [fait l’autruche] se cache la tête dans le sable Cela n’empêchait pas [certaines] personnes de venir et de proposer : « Donnez ! Renoncez ! ». J’ai répondu : « Nous voulons parvenir à un accord avec les Palestiniens car nous ne voulons pas d’un état binational, mais nous insistons pour que ce soit sur des fondements stables et surs. […] Je ne suis pas prêt à ignorer la réalité. Je ne suis pas prêt à ignorer les dangers. Je ne suis pas prêt à ignorer l’Histoire. Je ne suis pas prêt à ignorer le présent et à renoncer à une seule de nos exigences de sécurité qui ont augmenté en raison des crises récentes et n’ont pas diminué. Ce n’est pas le moment d’y renoncer et de foncer de l’avant. C’est le moment d’être extrêmement prudent dans la gestion de nos contacts avec les Palestiniens. […]. » Et d’accuser Mahmoud Abbas, le Président palestinien de refuser le dialogue car « le Premier ministre israélien n’est pas prêt d’accepter ses conditions ».
Tom Friedman, l’éditorialiste du New York Times a repris les arguments de Netanyahu. D’abord en rappelant que Netanyahu avait accusé l’administration Obama d’avoir poussé Hosny Moubarak vers la démission au lieu de le soutenir. Faux ! Les dictateurs arabes ont été destitués par leurs peuples. En Égypte, le régime avait organisé les élections les plus truquées de son histoire. L’année dernière il avait fait élire 209 députés du parti au pouvoir sur 211. Quand à la montée de l’Islamisme, elle est due avant tout aux régimes autocratiques qui pendant des décennies n’ont pas permis le développement de partis d’opposition libéraux, séculaires et démocratiques. La seule opposition organisée se trouvait dans les mosquées.
Les succès électoraux des islamiques ne devraient donc pas surprendre. Ils se sont développés sur un terreau fertile. Occupés à s’enrichir, les dictateurs ont systématiquement délaissé leurs classes pauvres, les abandonnant aux intégristes. En Égypte, où l’illettrisme dépasse les 40%, la mosquée, tenue par les Frères musulmans est non seulement un lieu de culte mais aussi un centre d’aide sociale et éducative. C’est là que le petit peuple ressentait un sentiment de dignité.
Bien entendu, la théologie de la Confrérie est anti-occidentale et anti-juive. Voir mon livre : « Le grand aveuglement. Israël et l’irrésistible ascension de l’Islam radical » Confrontés à la réalité à l’approche d’un pouvoir dont ils ont toujours rêvé, les islamistes sauront-ils faire preuve de pragmatisme ? Pour certains d’entre eux, peut-être. Pour d’autres certainement non. L’armée égyptienne qui, aujourd’hui, assume le pouvoir, laissera t’elle le pays devenir un second Pakistan ? Ou une deuxième Libye ? Ce n’est pas sur. Dans tous les cas, cette révolution est loin d’être achevée. Sur son blog de Foreign Policy, Stephen Walt rappelle que ces changements de régime, ne sont jamais rapides mais s’étendent sur des décennies. Parfois plus. Le combat des jeunes révolutionnaires arabes, des blogueurs et des militants des droits de l’homme en est à ses tous débuts. Après avoir renversé les dictatures en place, vont-ils devoir affronter une autocratie islamique ? Probablement.
Reste la question d’Israël dont l’environnement stratégique s’est sérieusement détérioré, avec au nord, le Hezbollah dominant le Liban, au nord, au sud Gaza tenu par le Hamas et la crainte d’une Egypte tombant dans l’escarcelle de l’Islam radical alors que ses relations avec la Turquie sont au plus mal. Un isolement grandissant qui inquiète également Washington. Le secrétaire américain à la défense, Leon Panetta a lancé, vendredi dernier un appel au gouvernement israélien pour qu’il se tourne vers l’Egypte, la Turquie et ses autres partenaires sécuritaires dans la région, rétablisse de bonnes relations avec ces pays et fasse des efforts pour arriver à la paix avec les Palestiniens. La présidence du conseil à Jérusalem s’est empressée de lui répondre en rejetant la responsabilité du gel du processus de paix sur les Palestiniens.
Mahmoud Abbas, le Président de l’autorité autonome refuse toute négociation directe avec Benjamin Netanyahu aussi longtemps que se poursuivront les activités de colonisations en Cisjordanie et à Jérusalem Est. Il insiste pour que les termes de référence des pourparlers soient fondés sur la ligne de 1967. Des conditions que le Premier ministre israélien refuse.
Mais, en fait, les Palestiniens ont soumis des propositions que les Israéliens ont refusé de recevoir. C’était le 14 novembre dernier, à Jérusalem au cours d’une réunion du Quartet (les représentants des Etats-Unis, de l’ONU, de l’Europe et de la Russie). Saeb Erekat a présenté un premier document proposant que la frontière de l’état palestinien soit basée sur la ligne de 1967, avec un échange de territoire portant sur 1,9 % de la Cisjordanie. Un second document décrivait les arrangements de sécurité proposés par l’OLP. Une force internationale serait déployée le longe de la frontière avec Israël et dans la vallée du Jourdain. La Palestine serait démilitarisée et ne conclurait pas d’alliance militaire avec des pays hostiles à Israël. Le lendemain, le 15 novembre, Yitzhak Molho,le représentant israélien a répondu au quartet qu’il ne pouvait pas coopérer avec une telle procédure et que les Palestiniens devaient accepter des négociations directes. En raison de ces fuites, le quartet a rappelé les Palestiniens à l’ordre en leur conseillant de reprendre les négociations directes Cela dit, ce n’est pas la première fois que Molho refuse des propositions palestiniennes. Lors d’une rencontre aux Nations Unies en septembre 2010, Saeb Erekat, le principal négociateur d’Abbas a, en présence d’Hilary Clinton présenté un dossier de plusieurs centaines de pages à Molho. Ce dernier a expliqué qu’il ne pouvait pas les recevoir, car cela produirait une crise gouvernementale en Israël...
En tout cas, sur la scène internationale, l’attitude du gouvernement Netanyahu suscite, de plus en plus de scepticisme quand à sa volonté de parvenir à un accord. Le 22 septembre 2011, Bill Clinton, l’ancien président des Etats-Unis a rejeté la responsabilité de l’impasse sur Israël. « C’est le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le gouvernement a déplacé les bornes (goalposts) lors de sa prise du pouvoir, et dont l’ascension représente la raison majeure de l’absence d’accord de paix israélo-palestinien […] Il y a deux principales raisons à l’absence d’une paix globale : « la réticence de l’administration Netanyahu à accepter les termes de l’accord de Camp David (2000) et un mouvement démographique en Israël qui rend l’opinion publique israélienne moins disposée envers la paix. » […] Le gouvernement Netanyahu a reçu toutes les assurances que les gouvernements israéliens précédents avaient demandées, mais maintenant il ne les acceptera pas pour signer la paix. […] Il s’est éloigné du consensus de paix, rendant un accord sur le statut final plus difficile […] Le roi d’Arabie Saoudite a rassemblé tous les Etats arabes pour dire aux Israéliens : « Si vous parvenez à un accord avec les Palestiniens, nous vous accorderons immédiatement, non seulement la reconnaissance mais aussi, un partenariat politique, économique et sécuritaire. » […]. Voilà comment nous en sommes arrivés là. […] Les vrais cyniques croient que l’appel fréquent du gouvernement Netanyahu pour des négociations sur les frontières et autres signifie qu’il n’a simplement pas l’intention de renoncer à la Cisjordanie. »
Bill Clinton ne va pas au bout de son raisonnement. Benjamin Netanyahu, son gouvernement, sa majorité à la Knesset, le Likoud son parti, ne veulent pas d’un état palestinien dans les limites qui, seules, permettraient un accord avec l’OLP. Cela, pour des raisons idéologiques, car, pour eux, la Cisjordanie est la Judée-Samarie biblique, la Terre d’Israël et Jérusalem la capitale réunifiée et indivisible de l’état juif. La droite nationaliste au pouvoir et ses alliés religieux n’y renonceront pas. Un situation que le caricaturiste du quotidien Haaretz résumait ainsi :
Publié sur le blog de Charles Enderlin, hébergé par Franc
Charles Enderlin - blog
Un pouvoir idéologique a toujours tendance à placer la réalité au service de ses idées. La situation présente, explique-t-il, est éphémère. Car, si le danger n’est pas immédiat, l’avenir est inexorablement porteur de catastrophes.
C’est ainsi que, le 10 juillet 1996. Premier ministre, fraichement élu, Benjamin Netanyahu expliquait dans un discours devant le Congrès à Washington que l’absence de démocratie dans le monde arabe l’empêchait de faire des concessions territoriales : « […] Nous devons appliquer les standards de la démocratie et des droits de l’homme au Proche orient. Je crois que chaque musulman, chaque chrétien et chaque Juifs de la région a droit à cela. Je ne pense pas que nous devons accepter l’idée que le Proche Orient soit le dernier sanctuaire isolé « sans démocratie » pour toujours à l’exception d’Israël. Le Proche-Orient n’a pas encore réalisé ce passage fondamental de l’autocratie vers la démocratie. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas avoir la paix dans cette région, une paix avec des régimes non démocratiques. Je crois que nous le pouvons. C’est un fait, nous avons eu de tels accords de paix. Mais, ils peuvent être caractérisés que comme étant une paix défensive, où nous devons conserver des acquis essentiels pour la défense de notre pays et suffisants pour [notre dissuasion].Jusqu’à ce que la démocratisation existe dans la région, la voie correcte pour le monde démocratique, conduit par les Etats-Unis, doit être de renforcer la seule démocratie du Proche Orient, Israël »
Mais pas n’importe quelle démocratie. Les Printemps arabes sont, pour Benjamin Netanyahu, porteurs de tous les dangers. Le 23 novembre dernier, à la Knesset, il a ainsi défini les raisons pour lesquelles Israël ne pouvait pas faire certaines concessions : « Le Moyen Orient n’est pas un endroit pour les naïfs. En février dernier, j’étais debout à ce podium lorsque des millions d’égyptiens descendaient dans les rues du Caire. Des commentateurs et de nombreux membres de l’opposition m’avaient expliqué que nous étions à l’orée d’une nouvelle ère de libéralisme et de progrès qui évacuerait l’ordre ancien. J’avais répondu en espérant que ce serait le cas mais qu’en dépit de tous nos espoirs, il était probable qu’une vague islamiste inonde les pays arabes, une vague antioccidentale, antilibérale, anti-israélienne et, en fin de compte, anti-démocratique. Ils disaient que je voulais alarmer le public, que je ne voyais pas que j’étais du mauvais côté de l’histoire, que je ne voyais pas la direction que prenaient les choses. [Les printemps arabes] bougent, n’avancent pas dans le sens du progrès, mais reculent. […] Je vous demande aujourd’hui, qui n’a pas compris l’histoire ? Je me souviens : nombreux d’entre vous me lançaient des appels- et quels appels !- afin que je saisisse l’occasion et fasse des concessions précipitées. C’est le moment disiez vous ! Ne ratez pas l’occasion ! Mais je ne fonde pas la politique d’Israël sur une illusion. La terre tremble ! Nous ne savons pas qui contrôlera toute terre à laquelle nous renoncerions. Pas demain, pas cette après midi. Nous voyons que la réalité change, elle change partout. Qui ne voit pas cela [fait l’autruche] se cache la tête dans le sable Cela n’empêchait pas [certaines] personnes de venir et de proposer : « Donnez ! Renoncez ! ». J’ai répondu : « Nous voulons parvenir à un accord avec les Palestiniens car nous ne voulons pas d’un état binational, mais nous insistons pour que ce soit sur des fondements stables et surs. […] Je ne suis pas prêt à ignorer la réalité. Je ne suis pas prêt à ignorer les dangers. Je ne suis pas prêt à ignorer l’Histoire. Je ne suis pas prêt à ignorer le présent et à renoncer à une seule de nos exigences de sécurité qui ont augmenté en raison des crises récentes et n’ont pas diminué. Ce n’est pas le moment d’y renoncer et de foncer de l’avant. C’est le moment d’être extrêmement prudent dans la gestion de nos contacts avec les Palestiniens. […]. » Et d’accuser Mahmoud Abbas, le Président palestinien de refuser le dialogue car « le Premier ministre israélien n’est pas prêt d’accepter ses conditions ».
Tom Friedman, l’éditorialiste du New York Times a repris les arguments de Netanyahu. D’abord en rappelant que Netanyahu avait accusé l’administration Obama d’avoir poussé Hosny Moubarak vers la démission au lieu de le soutenir. Faux ! Les dictateurs arabes ont été destitués par leurs peuples. En Égypte, le régime avait organisé les élections les plus truquées de son histoire. L’année dernière il avait fait élire 209 députés du parti au pouvoir sur 211. Quand à la montée de l’Islamisme, elle est due avant tout aux régimes autocratiques qui pendant des décennies n’ont pas permis le développement de partis d’opposition libéraux, séculaires et démocratiques. La seule opposition organisée se trouvait dans les mosquées.
Les succès électoraux des islamiques ne devraient donc pas surprendre. Ils se sont développés sur un terreau fertile. Occupés à s’enrichir, les dictateurs ont systématiquement délaissé leurs classes pauvres, les abandonnant aux intégristes. En Égypte, où l’illettrisme dépasse les 40%, la mosquée, tenue par les Frères musulmans est non seulement un lieu de culte mais aussi un centre d’aide sociale et éducative. C’est là que le petit peuple ressentait un sentiment de dignité.
Bien entendu, la théologie de la Confrérie est anti-occidentale et anti-juive. Voir mon livre : « Le grand aveuglement. Israël et l’irrésistible ascension de l’Islam radical » Confrontés à la réalité à l’approche d’un pouvoir dont ils ont toujours rêvé, les islamistes sauront-ils faire preuve de pragmatisme ? Pour certains d’entre eux, peut-être. Pour d’autres certainement non. L’armée égyptienne qui, aujourd’hui, assume le pouvoir, laissera t’elle le pays devenir un second Pakistan ? Ou une deuxième Libye ? Ce n’est pas sur. Dans tous les cas, cette révolution est loin d’être achevée. Sur son blog de Foreign Policy, Stephen Walt rappelle que ces changements de régime, ne sont jamais rapides mais s’étendent sur des décennies. Parfois plus. Le combat des jeunes révolutionnaires arabes, des blogueurs et des militants des droits de l’homme en est à ses tous débuts. Après avoir renversé les dictatures en place, vont-ils devoir affronter une autocratie islamique ? Probablement.
Reste la question d’Israël dont l’environnement stratégique s’est sérieusement détérioré, avec au nord, le Hezbollah dominant le Liban, au nord, au sud Gaza tenu par le Hamas et la crainte d’une Egypte tombant dans l’escarcelle de l’Islam radical alors que ses relations avec la Turquie sont au plus mal. Un isolement grandissant qui inquiète également Washington. Le secrétaire américain à la défense, Leon Panetta a lancé, vendredi dernier un appel au gouvernement israélien pour qu’il se tourne vers l’Egypte, la Turquie et ses autres partenaires sécuritaires dans la région, rétablisse de bonnes relations avec ces pays et fasse des efforts pour arriver à la paix avec les Palestiniens. La présidence du conseil à Jérusalem s’est empressée de lui répondre en rejetant la responsabilité du gel du processus de paix sur les Palestiniens.
Mahmoud Abbas, le Président de l’autorité autonome refuse toute négociation directe avec Benjamin Netanyahu aussi longtemps que se poursuivront les activités de colonisations en Cisjordanie et à Jérusalem Est. Il insiste pour que les termes de référence des pourparlers soient fondés sur la ligne de 1967. Des conditions que le Premier ministre israélien refuse.
Mais, en fait, les Palestiniens ont soumis des propositions que les Israéliens ont refusé de recevoir. C’était le 14 novembre dernier, à Jérusalem au cours d’une réunion du Quartet (les représentants des Etats-Unis, de l’ONU, de l’Europe et de la Russie). Saeb Erekat a présenté un premier document proposant que la frontière de l’état palestinien soit basée sur la ligne de 1967, avec un échange de territoire portant sur 1,9 % de la Cisjordanie. Un second document décrivait les arrangements de sécurité proposés par l’OLP. Une force internationale serait déployée le longe de la frontière avec Israël et dans la vallée du Jourdain. La Palestine serait démilitarisée et ne conclurait pas d’alliance militaire avec des pays hostiles à Israël. Le lendemain, le 15 novembre, Yitzhak Molho,le représentant israélien a répondu au quartet qu’il ne pouvait pas coopérer avec une telle procédure et que les Palestiniens devaient accepter des négociations directes. En raison de ces fuites, le quartet a rappelé les Palestiniens à l’ordre en leur conseillant de reprendre les négociations directes Cela dit, ce n’est pas la première fois que Molho refuse des propositions palestiniennes. Lors d’une rencontre aux Nations Unies en septembre 2010, Saeb Erekat, le principal négociateur d’Abbas a, en présence d’Hilary Clinton présenté un dossier de plusieurs centaines de pages à Molho. Ce dernier a expliqué qu’il ne pouvait pas les recevoir, car cela produirait une crise gouvernementale en Israël...
En tout cas, sur la scène internationale, l’attitude du gouvernement Netanyahu suscite, de plus en plus de scepticisme quand à sa volonté de parvenir à un accord. Le 22 septembre 2011, Bill Clinton, l’ancien président des Etats-Unis a rejeté la responsabilité de l’impasse sur Israël. « C’est le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le gouvernement a déplacé les bornes (goalposts) lors de sa prise du pouvoir, et dont l’ascension représente la raison majeure de l’absence d’accord de paix israélo-palestinien […] Il y a deux principales raisons à l’absence d’une paix globale : « la réticence de l’administration Netanyahu à accepter les termes de l’accord de Camp David (2000) et un mouvement démographique en Israël qui rend l’opinion publique israélienne moins disposée envers la paix. » […] Le gouvernement Netanyahu a reçu toutes les assurances que les gouvernements israéliens précédents avaient demandées, mais maintenant il ne les acceptera pas pour signer la paix. […] Il s’est éloigné du consensus de paix, rendant un accord sur le statut final plus difficile […] Le roi d’Arabie Saoudite a rassemblé tous les Etats arabes pour dire aux Israéliens : « Si vous parvenez à un accord avec les Palestiniens, nous vous accorderons immédiatement, non seulement la reconnaissance mais aussi, un partenariat politique, économique et sécuritaire. » […]. Voilà comment nous en sommes arrivés là. […] Les vrais cyniques croient que l’appel fréquent du gouvernement Netanyahu pour des négociations sur les frontières et autres signifie qu’il n’a simplement pas l’intention de renoncer à la Cisjordanie. »
Bill Clinton ne va pas au bout de son raisonnement. Benjamin Netanyahu, son gouvernement, sa majorité à la Knesset, le Likoud son parti, ne veulent pas d’un état palestinien dans les limites qui, seules, permettraient un accord avec l’OLP. Cela, pour des raisons idéologiques, car, pour eux, la Cisjordanie est la Judée-Samarie biblique, la Terre d’Israël et Jérusalem la capitale réunifiée et indivisible de l’état juif. La droite nationaliste au pouvoir et ses alliés religieux n’y renonceront pas. Un situation que le caricaturiste du quotidien Haaretz résumait ainsi :
Publié sur le blog de Charles Enderlin, hébergé par Franc
terça-feira, 6 de setembro de 2011
LE PRIX DE LA COLONISATION
4 septembre 2011, Association France Palestine Solidarité (AFPS) http://www.france-palestine.org (France)
Anne Solesne Tavernier
Les importantes manifestations qui se poursuivent en Israël depuis le 6 août posent implicitement la question de l’occupation des territoires.
Derrière la mobilisation des Indignés israéliens pour protester contre la flambée des prix du logement et du coût de la vie en général, se trouve la question du poids des colonies dans l’économie israélienne.
Depuis près de quarante-quatre ans, l’occupation des territoires palestiniens pèse lourd sur le budget de l’État hébreu. Avec des conséquences directes sur le manque de logements abordables. Le gouvernement israélien donne la priorité aux habitants des colonies, conséquence d’une politique qui favorise l’occupation et la poursuite de la colonisation au détriment de la protection des intérêts de la population d’Israël elle-même. Aujourd’hui, un Israélien sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. En cinq ans, les prix du logement ont augmenté de 63 %.
Alors que le gouvernement a récemment donné son feu vert à la construction de nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie, la construction d’habitations en Israël demeure très insuffisante.
Selon le mouvement La Paix maintenant, le gouvernement israélien utiliserait près de 15 % de son budget « construction publique » pour la poursuite de la colonisation en Cisjordanie, bien que cette dernière n’abrite que 4 % des citoyens israéliens.
Israël dépenserait deux fois plus pour un colon que pour n’importe quel autre Israélien. En outre, pour encourager toujours plus de Juifs à s’installer dans les colonies, l’État distribue des subventions pour la construction et l’achat de logements. Les colons bénéficient en masse de services quasi gratuits, de prêts à taux préférentiels, et des nombreux investissements gouvernementaux dans les secteurs de l’éducation ou de l’assurance-maladie… Secteurs pour lesquels les Indignés réclament justement plus de ressources publiques.
Selon La Paix maintenant, si l’on additionne le coût de la construction, de la protection et du maintien des colonies avec celui que représente chaque colon pour l’État israélien, on aboutirait à un total de près d’un milliard de dollars par an. Le coût annuel du maintien du contrôle sur les territoires palestiniens représenterait plus de 700 millions de dollars.
Au total, ce sont 17 milliards de dollars qui seraient passés dans la colonisation des territoires palestiniens depuis le début, en 1967, sans compter les dépenses liées aux ressources militaires déployées pour protéger les colonies.
Dans la proposition pour le budget 2011, le ministère de la Défense prévoit d’allouer la somme de 238,435 millions de shekels (environ 65,757 millions de dollars) à la coordination de différentes activités dans les Territoires occupés, et 790 millions (environ 217,871 millions de dollars) pour la poursuite de la construction et la maintenance du mur de séparation (chiffres La Paix maintenant).
La question du budget de la Défense est également soulevée par les manifestants. Il pèse environ 13 milliards de dollars, soit 7 % du PIB, et représente 20 % du budget de l’État ! Certes, le coût de la colonisation n’est pas directement abordé par les Indignés, par crainte de diviser leur mouvement. Celui-ci réunit Juifs et Arabes israéliens, et veut rester en dehors de la politique et des clivages gauche/droite, ou anti/pro-colonisation.
Ces manifestations permettent toutefois aux Arabes israéliens de faire entendre leurs revendications. Représentant 20 % de la population (1,2 million d’habitants), ils demeurent toujours à la périphérie de la société : 45 % d’entre eux se trouvent sous le seuil de la pauvreté, leur niveau d’éducation est très faible, leur taux de chômage extrêmement élevé.
Ce sont quelques tabous de la société israélienne qui sont peu à peu portés sur la place publique. Aujourd’hui implicitement. Et demain ?
1 septembre
Publié par Politis http://www.politis.fr/Le-prix-de-la...
Anne Solesne Tavernier
Les importantes manifestations qui se poursuivent en Israël depuis le 6 août posent implicitement la question de l’occupation des territoires.
Derrière la mobilisation des Indignés israéliens pour protester contre la flambée des prix du logement et du coût de la vie en général, se trouve la question du poids des colonies dans l’économie israélienne.
Depuis près de quarante-quatre ans, l’occupation des territoires palestiniens pèse lourd sur le budget de l’État hébreu. Avec des conséquences directes sur le manque de logements abordables. Le gouvernement israélien donne la priorité aux habitants des colonies, conséquence d’une politique qui favorise l’occupation et la poursuite de la colonisation au détriment de la protection des intérêts de la population d’Israël elle-même. Aujourd’hui, un Israélien sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. En cinq ans, les prix du logement ont augmenté de 63 %.
Alors que le gouvernement a récemment donné son feu vert à la construction de nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie, la construction d’habitations en Israël demeure très insuffisante.
Selon le mouvement La Paix maintenant, le gouvernement israélien utiliserait près de 15 % de son budget « construction publique » pour la poursuite de la colonisation en Cisjordanie, bien que cette dernière n’abrite que 4 % des citoyens israéliens.
Israël dépenserait deux fois plus pour un colon que pour n’importe quel autre Israélien. En outre, pour encourager toujours plus de Juifs à s’installer dans les colonies, l’État distribue des subventions pour la construction et l’achat de logements. Les colons bénéficient en masse de services quasi gratuits, de prêts à taux préférentiels, et des nombreux investissements gouvernementaux dans les secteurs de l’éducation ou de l’assurance-maladie… Secteurs pour lesquels les Indignés réclament justement plus de ressources publiques.
Selon La Paix maintenant, si l’on additionne le coût de la construction, de la protection et du maintien des colonies avec celui que représente chaque colon pour l’État israélien, on aboutirait à un total de près d’un milliard de dollars par an. Le coût annuel du maintien du contrôle sur les territoires palestiniens représenterait plus de 700 millions de dollars.
Au total, ce sont 17 milliards de dollars qui seraient passés dans la colonisation des territoires palestiniens depuis le début, en 1967, sans compter les dépenses liées aux ressources militaires déployées pour protéger les colonies.
Dans la proposition pour le budget 2011, le ministère de la Défense prévoit d’allouer la somme de 238,435 millions de shekels (environ 65,757 millions de dollars) à la coordination de différentes activités dans les Territoires occupés, et 790 millions (environ 217,871 millions de dollars) pour la poursuite de la construction et la maintenance du mur de séparation (chiffres La Paix maintenant).
La question du budget de la Défense est également soulevée par les manifestants. Il pèse environ 13 milliards de dollars, soit 7 % du PIB, et représente 20 % du budget de l’État ! Certes, le coût de la colonisation n’est pas directement abordé par les Indignés, par crainte de diviser leur mouvement. Celui-ci réunit Juifs et Arabes israéliens, et veut rester en dehors de la politique et des clivages gauche/droite, ou anti/pro-colonisation.
Ces manifestations permettent toutefois aux Arabes israéliens de faire entendre leurs revendications. Représentant 20 % de la population (1,2 million d’habitants), ils demeurent toujours à la périphérie de la société : 45 % d’entre eux se trouvent sous le seuil de la pauvreté, leur niveau d’éducation est très faible, leur taux de chômage extrêmement élevé.
Ce sont quelques tabous de la société israélienne qui sont peu à peu portés sur la place publique. Aujourd’hui implicitement. Et demain ?
1 septembre
Publié par Politis http://www.politis.fr/Le-prix-de-la...
terça-feira, 30 de agosto de 2011
Israël : l’armée prépare les colons à une éventuelle mobilisation palestinienne
30 août 2011, Association France Palestine Solidarité (AFPS) http://www.france-palestine.org (France)
Nicolas Falez - RFI
Le mois prochain, les Palestiniens se tourneront vers l’ONU pour demander la reconnaissance internationale de leur Etat. Une démarche rejetée par Israël qui affirme que seule la négociation peut permettre l’avènement d’un Etat palestinien indépendant. L’Etat hébreu redoute des tensions, voire des violences sur le terrain, à l’occasion de ces grandes manœuvres palestiniennes à l’ONU. L’armée israélienne a donc commencé à préparer et entraîner les colons de Cisjordanie.
Le scénario que redoutent les Israéliens est celui d’une forte mobilisation populaire palestinienne dans les prochaines semaines, notamment à la date du 21 septembre, lorsque s’ouvrira l’Assemblée générale de l’ONU. Une mobilisation qui pourrait prendre la forme de manifestations prenant la direction des check-points de l’armée israélienne en Cisjordanie, voire même des implantations où vivent 300 000 colons israéliens.
L’armée de l’Etat hébreu a récemment mené une série d’exercices ayant pour but de préparer ses soldats mais aussi les colons eux-mêmes. La presse israélienne a obtenu des détails : autour de chaque colonie, deux lignes ont été définies. Si des manifestants palestiniens franchissent la première, ils feront face à des tirs de gaz lacrymogènes ou de grenades assourdissantes. S’ils franchissent la seconde, alors l’armée ouvrira le feu.
Outre l’entrainement d’équipes de sécurité au sein de chaque colonie, les autorités israéliennes multiplient actuellement les conseils aux dirigeants des implantations. Parmi les recommandations : constituer des stocks d’essence et de nourriture, au cas où les tensions sur le terrain génèreraient des difficultés d’approvisionnement.
Nicolas Falez - RFI
Le mois prochain, les Palestiniens se tourneront vers l’ONU pour demander la reconnaissance internationale de leur Etat. Une démarche rejetée par Israël qui affirme que seule la négociation peut permettre l’avènement d’un Etat palestinien indépendant. L’Etat hébreu redoute des tensions, voire des violences sur le terrain, à l’occasion de ces grandes manœuvres palestiniennes à l’ONU. L’armée israélienne a donc commencé à préparer et entraîner les colons de Cisjordanie.
Le scénario que redoutent les Israéliens est celui d’une forte mobilisation populaire palestinienne dans les prochaines semaines, notamment à la date du 21 septembre, lorsque s’ouvrira l’Assemblée générale de l’ONU. Une mobilisation qui pourrait prendre la forme de manifestations prenant la direction des check-points de l’armée israélienne en Cisjordanie, voire même des implantations où vivent 300 000 colons israéliens.
L’armée de l’Etat hébreu a récemment mené une série d’exercices ayant pour but de préparer ses soldats mais aussi les colons eux-mêmes. La presse israélienne a obtenu des détails : autour de chaque colonie, deux lignes ont été définies. Si des manifestants palestiniens franchissent la première, ils feront face à des tirs de gaz lacrymogènes ou de grenades assourdissantes. S’ils franchissent la seconde, alors l’armée ouvrira le feu.
Outre l’entrainement d’équipes de sécurité au sein de chaque colonie, les autorités israéliennes multiplient actuellement les conseils aux dirigeants des implantations. Parmi les recommandations : constituer des stocks d’essence et de nourriture, au cas où les tensions sur le terrain génèreraient des difficultés d’approvisionnement.
sexta-feira, 19 de agosto de 2011
EN ISRAËL, ESPOIRS ET LIMITES D’UN MOUVEMENT SOCIAL SANS PRECEDENT
18 août 2011, Association France Palestine Solidarité (AFPS) http://www.france-palestine.org (France)
Pierre Puchot, Mediapart
La société israélienne est profondément divisée, scindée en petits groupes. Le fait qu’ils se mobilisent ensemble est en soi une donnée très importante et totalement nouvelle. C’est pour cela que le gouvernement est perdu et ne sait comment le digérer.
À Tel-Aviv, les étés se succèdent et se ressemblent : les touristes (et les Français) déambulent mollement vers la plage sous un soleil de plomb, qui n’empêche pas les ouvriers de bâtir en bord de mer de nouveaux immeubles toujours plus massifs. Cette année toutefois, une nouveauté : des dizaines de petites tentes ornent le terre-plein de l’avenue Rothschild, une des avenues les plus cossues de la ville. Depuis un mois, le mouvement de contestation israélien fait beaucoup parler de lui. Après l’avoir ignoré, puis avoir espéré qu’il s’essouffle, le gouvernement israélien a interrompu ses vacances ce mardi 16 août pour tenir une réunion de crise, se rendant à l’évidence : le mouvement ne fait que commencer.
Samedi, la dernière manifestation a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes aux quatre coins du pays : le mouvement s’étend et touche aujourd’hui la plupart des grandes agglomérations. Près de 90% des Israéliens le soutiennent, comme le montrent divers sondages successifs parus dans la presse israélienne.
À Tel-Aviv, plusieurs campements ont germé depuis un mois, lorsque la désormais célèbre Daphné Leef, citoyenne israélienne de 25 ans, a décidé de venir planter sa tente sur Rothschild, quand le terre-plein n’était encore que le terrain favori des amoureux en quête d’une balade en bord de mer. Des terrasses des cafés, les estivants peuvent désormais observer les dizaines de tentes qui s’étalent sur plusieurs centaines de mètres, formant un ensemble hétéroclite des mécontents de la société israélienne.
Chaque soir, à la tombée de la nuit, le campement s’anime : le mouvement contre la maltraitance des bêtes côtoie une troupe d’« artistes en colère ». Des médecins urgentistes en blouse s’agitent à côté de DJ post-pubères. Chacun possède son stand, ses banderoles, presque toutes en hébreu. Il y a aussi les particuliers, comme Nathan, venu en famille, avec sa femme et ses deux enfants, motivés par leur incapacité à se loger décemment...
Malgré les apparitions timides d’anciens ministres ou de responsables politiques, comme Tzipi Livni, qui dirige le parti centriste Kadima, aucune organisation politique n’est tolérée. Et c’est en toute quiétude que, dès 19h, pièces de théâtre et concerts se mêlent aux prises de paroles devant quelques dizaines d’auditeurs. Mais dans cet amas improbable de cris, de maquillage et de revendications, tous n’ont pas le profil attendu, entendez bobos de la classe moyenne, habitués à nourrir les scores électoraux (devenus il est vrai faméliques) des partis de gauche.
Assis au milieu du stand de l’union étudiante, Tal Arbeli, grand brun sûr de sa parole, occupe tout l’espace. Un apprentissage, sans doute, forgé au gré des joutes verbales familiales, entre un père proche du Likoud et une mère définitivement travailliste. Le fils a tranché : pour lui, Kadima (parti fondé par Ariel Sharon et dirigé par Tzipi Livni), c’est déjà la gauche. En 2009, il a voté Avigdor Lieberman. Actuel ministre des affaires étrangères et dirigeant du parti d’extrême droite Israel Beitenu, Lieberman milite depuis deux décennies pour un Etat d’Israël 100% juif et a obtenu 15 sièges sur les 120 que compte le parlement israélien. «Lieberman est présenté comme un extrémiste, soupire-t-il. Mais il a simplement dit tout haut ce que souhaitent beaucoup d’Israéliens : deux Etats, les Arabes avec les Arabes, les Juifs avec les Juifs. Moi, j’ai surtout voté pour lui pour son programme touristique, dont ma ville d’origine, Eilat, a besoin. Mais c’est un autre sujet...»
« L’impact des révolutions en Tunisie ou en Egypte est réel »
À 26 ans, Tal Arbeli endosse aujourd’hui le costume de leader étudiant, par pur pragmatisme. Faute de pouvoir payer son loyer, il vit encore chez sa grand-mère, à plusieurs kilomètres du centre-ville : « Nous tentons de mettre la pression sur le gouvernement, parce l’inflation des prix est insupportable, et le problème du logement, une cause nationale, explique-t-il. Les loyers sont plus chers, en proportion du pouvoir d’achat, qu’aux Etats-Unis et en Europe. La classe moyenne n’existe plus. Les médecins, les enseignants, tous ceux qui rendent service au pays, ne parviennent pas à boucler leur fin de mois. C’est inacceptable. C’est notre combat de tenter de faire bouger tout cela.»
Un combat qui rassemble bien au-delà des clivages habituels. Samedi dernier, l’économiste israélien Hagai Katz manifestait dans sa ville de Beer Sheva, capitale du Neguev, qui, comme les principales villes du pays, s’est jointe au mouvement : « J’ai lu dans le journal que je faisais partie, selon les toutes dernières statistiques, des 10% des Israéliens les plus riches... et je ne peux même pas louer un appartement dans le centre de Tel-Aviv ! » Pour lui, ce qui se joue en ce moment en Israël ne doit pas être sous-estimé : « Il n’y a jamais eu quoi que ce soit de semblable dans l’histoire d’Israël, rappelle le professeur Katz, qui enseigne l’économie sociale et solidaire à l’université Ben Gourion de Tel-Aviv. La dernière manifestation de cette ampleur, c’était au début des années 1980, pour les massacres de Sabra et Chatila. Les manifestations importantes ont toujours été motivées par le conflit avec les Palestiniens. Ici, c’est la classe moyenne de Marx, qui la conçoit comme une avant-garde, qui est en mouvement, pour des motifs économiques.»
Une déclinaison locale du «printemps arabe»? «Certains peuvent penser que les gens en Israël ont arrêté d’être naïfs, de rester chez soi sans rien dire, du fait de ce que l’on appelle le printemps arabe ou du mouvement espagnol, admet Tal. Je ne pense pas que ce soit le cas. Certes, les tentes, ce sont les Espagnols qui les ont sorties les premiers. Mais pour ce qui est du monde arabe, eux se battaient contre des dictateurs. Nous avons une démocratie, nous nous battons parce notre quotidien économique est devenu impossible. Ce n’est pas encore ce que nous pourrions appeler “l’été israélien”.» Hagai Katz livre un autre point de vue : « La plupart ne l’admettront pas, mais beaucoup de manifestants, et même dans mon entourage, ont observé les révolutions arabes en se disant : “Comment se fait-il qu’ils puissent changer les choses et pas nous ? Nous sommes une démocratie, cela devrait être plus simple pour nous de sortir dans la rue pour exiger un semblant de justice sociale.” En ce sens, l’impact des révolutions en Tunisie ou en Egypte est réel, on ne peut le nier.»
De fait, le mouvement est né pour partie en ligne, sur Facebook, d’un boycott contre la hausse du prix... d’un fromage. C’était il y a plus d’un mois, et de l’avis de beaucoup de manifestants, la « victoire » qui en a résulté a donné aux Israéliens l’idée qu’ils pouvaient changer les choses en se mobilisant un à un, ensemble et massivement. Au sein du mouvement, la question politique demeure cependant taboue : « Ce n’est pas politique dans le sens où ce n’est pas un mouvement porté par le Likoud ou le parti travailliste, glisse Tal. Mais c’est un problème politique, car nous mettons la pression sur le gouvernement pour obtenir un changement de politique économique. Tout le monde est d’accord là-dessus : nous ne voulons pas le communisme, mais un Etat-providence qui fonctionne.»
L’économiste Hagai Katz décèle deux caractéristiques « encourageantes» dans le processus en cours : «Ce mouvement permet à différents groupes de personnes, mues par des agendas différents, de se rendre compte des intérêts qu’ils partagent, qu’ils ignoraient totalement par le passé, et qui ont tous à voir avec la doctrine libérale économique, structurée par la prédominance du marché et la disparition de l’Etat-providence. Le second point, c’est que ce mouvement social réussisse à mobiliser. La société israélienne est profondément divisée, scindée en petits groupes. Le fait qu’ils se mobilisent ensemble est en soi une donnée très importante et totalement nouvelle. C’est pour cela que le gouvernement est perdu et ne sait comment le digérer. Mais c’est aussi parce que personne ici n’a l’expérience de ce genre de mouvement, qu’il y a des erreurs de faites dans sa gestion et une grande difficulté à formuler des revendications claires et audibles, avec un agenda pertinent.»
La semaine passée, le gouvernement israélien a constitué un comité de dix-huit personnes, chargé de réfléchir aux problèmes posés par les manifestants. Ce qui ne convainc personne ici. Pour répondre à cette annonce du premier ministre Nétanyahou, les « campeurs » organisent leur propre comité, pour tenter d’élaborer une série de revendications représentatives, sans exclure personne. C’est l’une des limites du mouvement...
«L’aspect social est devenu primordial»
À quelques exceptions près, comme un campement à Jaffa, le quartier historique de Tel-Aviv, les Arabes israéliens sont absents du mouvement. « S’ils sont en dehors, c’est qu’ils se sentent toujours en dehors de la société israélienne, parce qu’ils ne bénéficient ni des mêmes droits, ni de la même considération que les Israéliens juifs », analyse Micole Stock, jeune Italienne de 25 ans qui, après plusieurs séjours en Israël, s’est installée à Tel-Aviv pour œuvrer au sein de YaLa, un programme de développement du lien politique, social et culturel entre Arabes du Maghreb et Moyen-Orient et Israéliens. « Il en va de même pour les campeurs qui songent avant tout à éviter toute division. Nos démarches pour tenter de faire le lien entre le conflit et la politique économique ne sont pas bien reçues : la question de l’armée, de la sécurité, c’est encore une question qui divise.»
Pour l’heure, ce sont les colons de Cisjordanie qui ont fini par se mêler aux manifestants – telle Einat, qui habite Eli, au nord de la Cisjordanie, et rencontrée à Tel-Aviv sur Rothschild – pour tenter de convaincre que les maux des Israéliens ne viennent pas d’eux, malgré les exonérations dont ils bénéficient, et le coût de construction des bâtiments, estimé à plus de 17 milliards de dollars. Un message qui a du mal à passer auprès des campeurs, qui fustigent aussi volontiers la communauté orthodoxe (un cinquième de la population), qui « ne travaille pas » et «reçoit quantité de subventions pour étudier le livre».
Quel impact ce mouvement aura-t-il sur les futures élections, prévues en 2013 ? Peut-il contribuer à reconstituer une gauche sans idées, totalement désunie, et minée par ce que les Israéliens appellent la «politique de la chaise», sous-entendu, la chaise octroyée au député élu à la Knesset, à laquelle il s’accroche coûte que coûte ? «S’il aboutit à un changement de culture politique, moins consumériste et résignée, alors ce sera déjà une victoire précieuse pour l’avenir de ce pays, juge l’économiste Hagai Katz. C’est un changement drastique dans l’histoire politique individuelle et collective des Israéliens, qui traditionnellement sont très passifs, et dont l’engagement politique (nombre de votants, de militants de partis et d’organisations) n’a cessé de décliner depuis 30 ans.»
À écouter Tal, passé de l’extrême droite au militantisme étudiant, un espoir subsiste : «Je soutenais activement la droite israélienne, explique le jeune homme de 26 ans. Mais c’est terminé, je ne voterai plus pour eux. J’étais de ces gens qui considéraient la sécurité comme le plus important. Et quelque part, je le pense toujours. Mais l’aspect social est devenu primordial à mes yeux. Car nous ne pouvons plus vivre ainsi, sans aucun horizon, comme des animaux, avec en permanence ces préoccupations matérielles en tête, parce que les besoins de base sont impossibles à satisfaire. Depuis vingt ans, la gauche a rejoint la droite et ne parle que de sécuritaire. Tout cela doit s’arrêter, aujourd’hui, maintenant.»
Ultime point d’accord qui réunit campeurs, militants politiques confirmés et analystes : la longévité du mouvement dépendra de sa capacité à faire plier le gouvernement sur des points concrets, pour que les Israéliens s’aperçoivent, enfin, qu’ils peuvent encore avoir une influence positive sur l’avenir de leur pays.
http://www.mediapart.fr/journal/int...
Pierre Puchot, Mediapart
La société israélienne est profondément divisée, scindée en petits groupes. Le fait qu’ils se mobilisent ensemble est en soi une donnée très importante et totalement nouvelle. C’est pour cela que le gouvernement est perdu et ne sait comment le digérer.
À Tel-Aviv, les étés se succèdent et se ressemblent : les touristes (et les Français) déambulent mollement vers la plage sous un soleil de plomb, qui n’empêche pas les ouvriers de bâtir en bord de mer de nouveaux immeubles toujours plus massifs. Cette année toutefois, une nouveauté : des dizaines de petites tentes ornent le terre-plein de l’avenue Rothschild, une des avenues les plus cossues de la ville. Depuis un mois, le mouvement de contestation israélien fait beaucoup parler de lui. Après l’avoir ignoré, puis avoir espéré qu’il s’essouffle, le gouvernement israélien a interrompu ses vacances ce mardi 16 août pour tenir une réunion de crise, se rendant à l’évidence : le mouvement ne fait que commencer.
Samedi, la dernière manifestation a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes aux quatre coins du pays : le mouvement s’étend et touche aujourd’hui la plupart des grandes agglomérations. Près de 90% des Israéliens le soutiennent, comme le montrent divers sondages successifs parus dans la presse israélienne.
À Tel-Aviv, plusieurs campements ont germé depuis un mois, lorsque la désormais célèbre Daphné Leef, citoyenne israélienne de 25 ans, a décidé de venir planter sa tente sur Rothschild, quand le terre-plein n’était encore que le terrain favori des amoureux en quête d’une balade en bord de mer. Des terrasses des cafés, les estivants peuvent désormais observer les dizaines de tentes qui s’étalent sur plusieurs centaines de mètres, formant un ensemble hétéroclite des mécontents de la société israélienne.
Chaque soir, à la tombée de la nuit, le campement s’anime : le mouvement contre la maltraitance des bêtes côtoie une troupe d’« artistes en colère ». Des médecins urgentistes en blouse s’agitent à côté de DJ post-pubères. Chacun possède son stand, ses banderoles, presque toutes en hébreu. Il y a aussi les particuliers, comme Nathan, venu en famille, avec sa femme et ses deux enfants, motivés par leur incapacité à se loger décemment...
Malgré les apparitions timides d’anciens ministres ou de responsables politiques, comme Tzipi Livni, qui dirige le parti centriste Kadima, aucune organisation politique n’est tolérée. Et c’est en toute quiétude que, dès 19h, pièces de théâtre et concerts se mêlent aux prises de paroles devant quelques dizaines d’auditeurs. Mais dans cet amas improbable de cris, de maquillage et de revendications, tous n’ont pas le profil attendu, entendez bobos de la classe moyenne, habitués à nourrir les scores électoraux (devenus il est vrai faméliques) des partis de gauche.
Assis au milieu du stand de l’union étudiante, Tal Arbeli, grand brun sûr de sa parole, occupe tout l’espace. Un apprentissage, sans doute, forgé au gré des joutes verbales familiales, entre un père proche du Likoud et une mère définitivement travailliste. Le fils a tranché : pour lui, Kadima (parti fondé par Ariel Sharon et dirigé par Tzipi Livni), c’est déjà la gauche. En 2009, il a voté Avigdor Lieberman. Actuel ministre des affaires étrangères et dirigeant du parti d’extrême droite Israel Beitenu, Lieberman milite depuis deux décennies pour un Etat d’Israël 100% juif et a obtenu 15 sièges sur les 120 que compte le parlement israélien. «Lieberman est présenté comme un extrémiste, soupire-t-il. Mais il a simplement dit tout haut ce que souhaitent beaucoup d’Israéliens : deux Etats, les Arabes avec les Arabes, les Juifs avec les Juifs. Moi, j’ai surtout voté pour lui pour son programme touristique, dont ma ville d’origine, Eilat, a besoin. Mais c’est un autre sujet...»
« L’impact des révolutions en Tunisie ou en Egypte est réel »
À 26 ans, Tal Arbeli endosse aujourd’hui le costume de leader étudiant, par pur pragmatisme. Faute de pouvoir payer son loyer, il vit encore chez sa grand-mère, à plusieurs kilomètres du centre-ville : « Nous tentons de mettre la pression sur le gouvernement, parce l’inflation des prix est insupportable, et le problème du logement, une cause nationale, explique-t-il. Les loyers sont plus chers, en proportion du pouvoir d’achat, qu’aux Etats-Unis et en Europe. La classe moyenne n’existe plus. Les médecins, les enseignants, tous ceux qui rendent service au pays, ne parviennent pas à boucler leur fin de mois. C’est inacceptable. C’est notre combat de tenter de faire bouger tout cela.»
Un combat qui rassemble bien au-delà des clivages habituels. Samedi dernier, l’économiste israélien Hagai Katz manifestait dans sa ville de Beer Sheva, capitale du Neguev, qui, comme les principales villes du pays, s’est jointe au mouvement : « J’ai lu dans le journal que je faisais partie, selon les toutes dernières statistiques, des 10% des Israéliens les plus riches... et je ne peux même pas louer un appartement dans le centre de Tel-Aviv ! » Pour lui, ce qui se joue en ce moment en Israël ne doit pas être sous-estimé : « Il n’y a jamais eu quoi que ce soit de semblable dans l’histoire d’Israël, rappelle le professeur Katz, qui enseigne l’économie sociale et solidaire à l’université Ben Gourion de Tel-Aviv. La dernière manifestation de cette ampleur, c’était au début des années 1980, pour les massacres de Sabra et Chatila. Les manifestations importantes ont toujours été motivées par le conflit avec les Palestiniens. Ici, c’est la classe moyenne de Marx, qui la conçoit comme une avant-garde, qui est en mouvement, pour des motifs économiques.»
Une déclinaison locale du «printemps arabe»? «Certains peuvent penser que les gens en Israël ont arrêté d’être naïfs, de rester chez soi sans rien dire, du fait de ce que l’on appelle le printemps arabe ou du mouvement espagnol, admet Tal. Je ne pense pas que ce soit le cas. Certes, les tentes, ce sont les Espagnols qui les ont sorties les premiers. Mais pour ce qui est du monde arabe, eux se battaient contre des dictateurs. Nous avons une démocratie, nous nous battons parce notre quotidien économique est devenu impossible. Ce n’est pas encore ce que nous pourrions appeler “l’été israélien”.» Hagai Katz livre un autre point de vue : « La plupart ne l’admettront pas, mais beaucoup de manifestants, et même dans mon entourage, ont observé les révolutions arabes en se disant : “Comment se fait-il qu’ils puissent changer les choses et pas nous ? Nous sommes une démocratie, cela devrait être plus simple pour nous de sortir dans la rue pour exiger un semblant de justice sociale.” En ce sens, l’impact des révolutions en Tunisie ou en Egypte est réel, on ne peut le nier.»
De fait, le mouvement est né pour partie en ligne, sur Facebook, d’un boycott contre la hausse du prix... d’un fromage. C’était il y a plus d’un mois, et de l’avis de beaucoup de manifestants, la « victoire » qui en a résulté a donné aux Israéliens l’idée qu’ils pouvaient changer les choses en se mobilisant un à un, ensemble et massivement. Au sein du mouvement, la question politique demeure cependant taboue : « Ce n’est pas politique dans le sens où ce n’est pas un mouvement porté par le Likoud ou le parti travailliste, glisse Tal. Mais c’est un problème politique, car nous mettons la pression sur le gouvernement pour obtenir un changement de politique économique. Tout le monde est d’accord là-dessus : nous ne voulons pas le communisme, mais un Etat-providence qui fonctionne.»
L’économiste Hagai Katz décèle deux caractéristiques « encourageantes» dans le processus en cours : «Ce mouvement permet à différents groupes de personnes, mues par des agendas différents, de se rendre compte des intérêts qu’ils partagent, qu’ils ignoraient totalement par le passé, et qui ont tous à voir avec la doctrine libérale économique, structurée par la prédominance du marché et la disparition de l’Etat-providence. Le second point, c’est que ce mouvement social réussisse à mobiliser. La société israélienne est profondément divisée, scindée en petits groupes. Le fait qu’ils se mobilisent ensemble est en soi une donnée très importante et totalement nouvelle. C’est pour cela que le gouvernement est perdu et ne sait comment le digérer. Mais c’est aussi parce que personne ici n’a l’expérience de ce genre de mouvement, qu’il y a des erreurs de faites dans sa gestion et une grande difficulté à formuler des revendications claires et audibles, avec un agenda pertinent.»
La semaine passée, le gouvernement israélien a constitué un comité de dix-huit personnes, chargé de réfléchir aux problèmes posés par les manifestants. Ce qui ne convainc personne ici. Pour répondre à cette annonce du premier ministre Nétanyahou, les « campeurs » organisent leur propre comité, pour tenter d’élaborer une série de revendications représentatives, sans exclure personne. C’est l’une des limites du mouvement...
«L’aspect social est devenu primordial»
À quelques exceptions près, comme un campement à Jaffa, le quartier historique de Tel-Aviv, les Arabes israéliens sont absents du mouvement. « S’ils sont en dehors, c’est qu’ils se sentent toujours en dehors de la société israélienne, parce qu’ils ne bénéficient ni des mêmes droits, ni de la même considération que les Israéliens juifs », analyse Micole Stock, jeune Italienne de 25 ans qui, après plusieurs séjours en Israël, s’est installée à Tel-Aviv pour œuvrer au sein de YaLa, un programme de développement du lien politique, social et culturel entre Arabes du Maghreb et Moyen-Orient et Israéliens. « Il en va de même pour les campeurs qui songent avant tout à éviter toute division. Nos démarches pour tenter de faire le lien entre le conflit et la politique économique ne sont pas bien reçues : la question de l’armée, de la sécurité, c’est encore une question qui divise.»
Pour l’heure, ce sont les colons de Cisjordanie qui ont fini par se mêler aux manifestants – telle Einat, qui habite Eli, au nord de la Cisjordanie, et rencontrée à Tel-Aviv sur Rothschild – pour tenter de convaincre que les maux des Israéliens ne viennent pas d’eux, malgré les exonérations dont ils bénéficient, et le coût de construction des bâtiments, estimé à plus de 17 milliards de dollars. Un message qui a du mal à passer auprès des campeurs, qui fustigent aussi volontiers la communauté orthodoxe (un cinquième de la population), qui « ne travaille pas » et «reçoit quantité de subventions pour étudier le livre».
Quel impact ce mouvement aura-t-il sur les futures élections, prévues en 2013 ? Peut-il contribuer à reconstituer une gauche sans idées, totalement désunie, et minée par ce que les Israéliens appellent la «politique de la chaise», sous-entendu, la chaise octroyée au député élu à la Knesset, à laquelle il s’accroche coûte que coûte ? «S’il aboutit à un changement de culture politique, moins consumériste et résignée, alors ce sera déjà une victoire précieuse pour l’avenir de ce pays, juge l’économiste Hagai Katz. C’est un changement drastique dans l’histoire politique individuelle et collective des Israéliens, qui traditionnellement sont très passifs, et dont l’engagement politique (nombre de votants, de militants de partis et d’organisations) n’a cessé de décliner depuis 30 ans.»
À écouter Tal, passé de l’extrême droite au militantisme étudiant, un espoir subsiste : «Je soutenais activement la droite israélienne, explique le jeune homme de 26 ans. Mais c’est terminé, je ne voterai plus pour eux. J’étais de ces gens qui considéraient la sécurité comme le plus important. Et quelque part, je le pense toujours. Mais l’aspect social est devenu primordial à mes yeux. Car nous ne pouvons plus vivre ainsi, sans aucun horizon, comme des animaux, avec en permanence ces préoccupations matérielles en tête, parce que les besoins de base sont impossibles à satisfaire. Depuis vingt ans, la gauche a rejoint la droite et ne parle que de sécuritaire. Tout cela doit s’arrêter, aujourd’hui, maintenant.»
Ultime point d’accord qui réunit campeurs, militants politiques confirmés et analystes : la longévité du mouvement dépendra de sa capacité à faire plier le gouvernement sur des points concrets, pour que les Israéliens s’aperçoivent, enfin, qu’ils peuvent encore avoir une influence positive sur l’avenir de leur pays.
http://www.mediapart.fr/journal/int...
segunda-feira, 15 de agosto de 2011
LA COLONISATION DE JERUSALEM-EST A PAS FORCES
14 août 2011, Association France Palestine Solidarité (AFPS) http://www.france-palestine.org (France)
Robert Kissous
Début août le ministre de l’intérieur israélien a annoncé la construction de 900 logements dans la colonie israélienne de Har Homa à Jérusalem-Est.
Une semaine plus tard, le gouvernement israélien donne le feu vert à la construction de 1600 logements à Ramat Shlomo, colonie israélienne de Jérusalem-Est. Ce projet avait été annoncé en mars 2010 lors de la visite de Jo Biden, vice-président des Etats-Unis. Ce qui avait été considéré comme un geste de défi vis-à-vis des Etats-Unis et qui avait suscité une condamnation générale.
Mais le gouvernement israélien n’en a cure : il sait qu’il s’agit de condamnations répétées sans aucun effet. Oserait-on dire que cela ressemble à du cinéma bien rodé : Israël colonise, les grandes puissances condamnent verbalement, Israël continue de coloniser, etc. etc.
Et le sempiternel appel à des discussions et des négociations bilatérales pour régler les problèmes est une fois de plus lancé. Ainsi les Etats-Unis, par exemple, déclarent de nouveau qu’ils regrettent profondément cette situation car, disent-ils, aucune décision unilatérale ne doit être prise de sorte à permettre le retour aux négociations. Mais la décision est prise!
Depuis 1967 Israël prend systématiquement des mesures unilatérales de colonisation de Jérusalem-Est et plus généralement de la Cisjordanie. Tous les gouvernements israéliens successifs s’y sont employés. Et pour quelle raison cela continue si ce n’est parce que les Etats qui pourraient peser sur les décisions israéliennes se contentent de regretter sans jamais prendre la moindre sanction contre des actions que la communauté internationale considère comme illégales?
Et cela n’est pas fini puisqu’il est prévu de lancer bientôt la construction de 2700 logements supplémentaires à Jérusalem-Est : 700 à Pisgat Zeev [1] et 2000 à Givat HaMatos.
Gageons que nous aurons encore droit aux regrets verbaux …
A tout cela s’ajoutent les dépossessions de Palestiniens, chassés de leurs maisons, au profit de colons israéliens, dans les quartiers de Jérusalem-Est comme Sheikh Jarrah, Silwan etc. Toutes les semaines s’y tiennent des manifestations de palestiniens accompagnés d’israéliens et d’internationaux qui savent parfaitement qu’il n’y aura pas de paix juste et durable si on laisse faire la colonisation de Jérusalem-Est, qu’il ne peut y avoir un Etat palestinien sans Jérusalem-Est comme capitale.
C’est en vérité le but recherché par les autorités israéliennes : prendre la terre et empêcher la création d’un Etat palestinien. D’où les réactions hystériques des autorités israéliennes contre l’initiative palestinienne de faire reconnaître et admettre comme Etat membre de l’ONU la Palestine sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.
La France se doit de soutenir cette demande et d’œuvrer pour que l’Union européenne s’y joigne ou à défaut qu’un maximum de pays européens la soutiennent. Le chemin de la paix et du droit passe par là : par des actes clairs qui fassent enfin bouger les lignes.
*Robert Kissous, membre du Bureau National de l’AFPS
[1] Pisgat Zeev sera reliée à Jérusalem-Ouest par le tramway auquel ont participé Veolia et Alstom. Preuve de plus, s’il en était nécessaire, que ce projet est un soutien direct à la colonisation de Jérusalem-Est.
Robert Kissous
Début août le ministre de l’intérieur israélien a annoncé la construction de 900 logements dans la colonie israélienne de Har Homa à Jérusalem-Est.
Une semaine plus tard, le gouvernement israélien donne le feu vert à la construction de 1600 logements à Ramat Shlomo, colonie israélienne de Jérusalem-Est. Ce projet avait été annoncé en mars 2010 lors de la visite de Jo Biden, vice-président des Etats-Unis. Ce qui avait été considéré comme un geste de défi vis-à-vis des Etats-Unis et qui avait suscité une condamnation générale.
Mais le gouvernement israélien n’en a cure : il sait qu’il s’agit de condamnations répétées sans aucun effet. Oserait-on dire que cela ressemble à du cinéma bien rodé : Israël colonise, les grandes puissances condamnent verbalement, Israël continue de coloniser, etc. etc.
Et le sempiternel appel à des discussions et des négociations bilatérales pour régler les problèmes est une fois de plus lancé. Ainsi les Etats-Unis, par exemple, déclarent de nouveau qu’ils regrettent profondément cette situation car, disent-ils, aucune décision unilatérale ne doit être prise de sorte à permettre le retour aux négociations. Mais la décision est prise!
Depuis 1967 Israël prend systématiquement des mesures unilatérales de colonisation de Jérusalem-Est et plus généralement de la Cisjordanie. Tous les gouvernements israéliens successifs s’y sont employés. Et pour quelle raison cela continue si ce n’est parce que les Etats qui pourraient peser sur les décisions israéliennes se contentent de regretter sans jamais prendre la moindre sanction contre des actions que la communauté internationale considère comme illégales?
Et cela n’est pas fini puisqu’il est prévu de lancer bientôt la construction de 2700 logements supplémentaires à Jérusalem-Est : 700 à Pisgat Zeev [1] et 2000 à Givat HaMatos.
Gageons que nous aurons encore droit aux regrets verbaux …
A tout cela s’ajoutent les dépossessions de Palestiniens, chassés de leurs maisons, au profit de colons israéliens, dans les quartiers de Jérusalem-Est comme Sheikh Jarrah, Silwan etc. Toutes les semaines s’y tiennent des manifestations de palestiniens accompagnés d’israéliens et d’internationaux qui savent parfaitement qu’il n’y aura pas de paix juste et durable si on laisse faire la colonisation de Jérusalem-Est, qu’il ne peut y avoir un Etat palestinien sans Jérusalem-Est comme capitale.
C’est en vérité le but recherché par les autorités israéliennes : prendre la terre et empêcher la création d’un Etat palestinien. D’où les réactions hystériques des autorités israéliennes contre l’initiative palestinienne de faire reconnaître et admettre comme Etat membre de l’ONU la Palestine sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.
La France se doit de soutenir cette demande et d’œuvrer pour que l’Union européenne s’y joigne ou à défaut qu’un maximum de pays européens la soutiennent. Le chemin de la paix et du droit passe par là : par des actes clairs qui fassent enfin bouger les lignes.
*Robert Kissous, membre du Bureau National de l’AFPS
[1] Pisgat Zeev sera reliée à Jérusalem-Ouest par le tramway auquel ont participé Veolia et Alstom. Preuve de plus, s’il en était nécessaire, que ce projet est un soutien direct à la colonisation de Jérusalem-Est.
quinta-feira, 21 de julho de 2011
FLOTTILLE : LA GUERRE DE LA COMMUNICATION
21 Juillet 2011, Association France Palestine Solidarité (AFPS) http://www.france-palestine.org (France)
Céline Lussato - Le Nouvel Observateur
Des Israéliens ou des pro-Palestiniens, qui a gagné le combat des mots et des images ?
Après l’arraisonnement, le 31 mai 2010, du Mavi Marmara, l’un des bateaux de la flottille pour Gaza, lors duquel neuf passagers avaient été tués par l’armée israélienne, 48 heures d’une guerre de communication sans merci avait opposé Israéliens et pro-Palestiniens. Chacun se renvoyant la responsabilité de la mort des militants présents sur le bateau.
La guerre des mots et des images est capitale pour les deux parties. L’opération même, qui consiste à briser le blocus de Gaza imposé par Israël en envoyant des bateaux chargés de nourriture et de biens de consommation est, en elle-même, une opération de communication. Certes ces bateaux sont chargés de ces produits dont manquent les Palestiniens de Gaza, mais l’organisation dépolît des moyens de communication considérables afin d’alerter au travers de leur action le regard du monde sur Gaza. L’opération de l’année dernière avait d’ailleurs abouti à l’allègement du blocus par Israël .
Communication maximum
L’édition 2011 n’a donc pas échappé à la règle. Les organisateurs ont déployé tous les moyens à leur disposition pour faire parler de leur entreprise. Et le gouvernement israélien a mis en œuvre les siens pour tenter d’étouffer dans l’œuf le projet.
Comptes Twitter pour suivre la préparation de l’équipée puis les participants venus du monde entier, pages Facebook, sites internet, la campagne a été très visible cette année sur le Net. Les équipes ont également convoqué la presse à plusieurs conférences lors des semaines qui ont précédé le départ. La participation de plusieurs élus, représentants syndicaux et associatifs a également renforcé la médiatisation.
Bloqués en Grèce par les autorités qui leur refusaient le départ vers Gaza, les organisateurs ont fait tout leur possible pour essayer de maintenir une pression médiatique : points presse quotidiens, visite des bateaux organisée pour les journalistes, dénonciations des sabotages des bateaux… tout est utilisé pour tenter de maintenir autant de pression médiatique possible.
Etouffer l’initiative
Pour Israël, évidemment, l’enjeu est inverse. Très critiqué en 2010 après le fiasco de la gestion de la précédente flottille, le dossier était donc encore plus sensible cette année. Le but de l’Etat hébreu était certes d’empêcher la rupture du blocus de Gaza, mais sans faire de vague.
La force a donc fait place dans une certaine mesure cette année à la diplomatie. Israël a déployé tous ses efforts diplomatiques pour convaincre la Grèce de retenir les bateaux de la flottille. Une opération réussie puisque seul un navire français, le Dignité al-Karama, prit la mer avant d’être arraisonné dans les eaux internationales le 19 juillet par les forces israéliennes. Une opération sans heurts, presque pacifique au regard de celle qui fit l’année précédente neuf morts.
Et le gagnant est…
Alors qui, d’Israël ou des organisateurs de la flottille a gagné ce combat de la médiatisation ? Indéniablement, Israël a mieux géré l’opération que l’année dernière. Mieux également, d’un point de vue médiatique, que la flottille aérienne. Cette opération, qui visait à envoyer vers l’aéroport israélien Ben Gourion des militants pro-palestiniens souhaitant rejoindre la Cisjordanie, a en effet valu de nombreuses critiques envers le gouvernement Netanyahou.
A leur arrivée au port d’Ashdod, les 16 passagers du bateau français arraisonné se sont même vu offrir boissons et nourriture avant être interrogés et remis aux services du ministère de l’Intérieur et de l’immigration avait indiqué l’armée israélienne.
Mais de leur côté, les organisateurs de la flottille ont gagné leur pari en focalisant sur eux une forte attention médiatique. Ils n’ont certes pas ébranlé le blocus de Gaza, mais ont réussi à alerter l’opinion publique plusieurs semaines.
Céline Lussato - Le Nouvel Observateur
Des Israéliens ou des pro-Palestiniens, qui a gagné le combat des mots et des images ?
Après l’arraisonnement, le 31 mai 2010, du Mavi Marmara, l’un des bateaux de la flottille pour Gaza, lors duquel neuf passagers avaient été tués par l’armée israélienne, 48 heures d’une guerre de communication sans merci avait opposé Israéliens et pro-Palestiniens. Chacun se renvoyant la responsabilité de la mort des militants présents sur le bateau.
La guerre des mots et des images est capitale pour les deux parties. L’opération même, qui consiste à briser le blocus de Gaza imposé par Israël en envoyant des bateaux chargés de nourriture et de biens de consommation est, en elle-même, une opération de communication. Certes ces bateaux sont chargés de ces produits dont manquent les Palestiniens de Gaza, mais l’organisation dépolît des moyens de communication considérables afin d’alerter au travers de leur action le regard du monde sur Gaza. L’opération de l’année dernière avait d’ailleurs abouti à l’allègement du blocus par Israël .
Communication maximum
L’édition 2011 n’a donc pas échappé à la règle. Les organisateurs ont déployé tous les moyens à leur disposition pour faire parler de leur entreprise. Et le gouvernement israélien a mis en œuvre les siens pour tenter d’étouffer dans l’œuf le projet.
Comptes Twitter pour suivre la préparation de l’équipée puis les participants venus du monde entier, pages Facebook, sites internet, la campagne a été très visible cette année sur le Net. Les équipes ont également convoqué la presse à plusieurs conférences lors des semaines qui ont précédé le départ. La participation de plusieurs élus, représentants syndicaux et associatifs a également renforcé la médiatisation.
Bloqués en Grèce par les autorités qui leur refusaient le départ vers Gaza, les organisateurs ont fait tout leur possible pour essayer de maintenir une pression médiatique : points presse quotidiens, visite des bateaux organisée pour les journalistes, dénonciations des sabotages des bateaux… tout est utilisé pour tenter de maintenir autant de pression médiatique possible.
Etouffer l’initiative
Pour Israël, évidemment, l’enjeu est inverse. Très critiqué en 2010 après le fiasco de la gestion de la précédente flottille, le dossier était donc encore plus sensible cette année. Le but de l’Etat hébreu était certes d’empêcher la rupture du blocus de Gaza, mais sans faire de vague.
La force a donc fait place dans une certaine mesure cette année à la diplomatie. Israël a déployé tous ses efforts diplomatiques pour convaincre la Grèce de retenir les bateaux de la flottille. Une opération réussie puisque seul un navire français, le Dignité al-Karama, prit la mer avant d’être arraisonné dans les eaux internationales le 19 juillet par les forces israéliennes. Une opération sans heurts, presque pacifique au regard de celle qui fit l’année précédente neuf morts.
Et le gagnant est…
Alors qui, d’Israël ou des organisateurs de la flottille a gagné ce combat de la médiatisation ? Indéniablement, Israël a mieux géré l’opération que l’année dernière. Mieux également, d’un point de vue médiatique, que la flottille aérienne. Cette opération, qui visait à envoyer vers l’aéroport israélien Ben Gourion des militants pro-palestiniens souhaitant rejoindre la Cisjordanie, a en effet valu de nombreuses critiques envers le gouvernement Netanyahou.
A leur arrivée au port d’Ashdod, les 16 passagers du bateau français arraisonné se sont même vu offrir boissons et nourriture avant être interrogés et remis aux services du ministère de l’Intérieur et de l’immigration avait indiqué l’armée israélienne.
Mais de leur côté, les organisateurs de la flottille ont gagné leur pari en focalisant sur eux une forte attention médiatique. Ils n’ont certes pas ébranlé le blocus de Gaza, mais ont réussi à alerter l’opinion publique plusieurs semaines.
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quinta-feira, 26 de maio de 2011
A Partir de Samedi prochain L'Egypte ouvrira le passage de Rafah de façon durable
26 mai 2011/Centre Palestinien d´Information http://www.palestine-info.cc/fr
Les autorités égyptiennes ont décidé d'ouvrir la frontière de Rafah avec la bande de Gaza sur une base durable, à partir du samedi 28/5, sauf les vendredis et les jours fériés, de neuf heures du matin jusqu'à cinq heures du soir.
La source officielle égyptienne a déclaré, dans un communiqué de presse écrite, publié le mercredi 25/5, que cette mesure s'inscrit dans le cadre des mesures prises par les autorités concernées pour faciliter la circulation du passage des citoyens palestiniens à travers les entrées égyptiennes.
La source a ajouté que les autorités égyptiennes ont pris plusieurs mesures pour faciliter la circulation des citoyens palestiniens les entrées égyptiennes, à partir de Samedi prochain, ajoutant qu'elles ont décidé de mettre en œuvre du mécanisme d'entrée, qui a été mis en œuvre avant 2007.
"Ce mécanisme prévoit une exemption de l'obligation d'obtenir un visa avant, pour chacune des femmes palestiniennes de tous âges, les hommes âgés moins de 18 ans et plus de 40 ans, et les enfants à venir avec leurs parents et qui sont exemptés avant de l'obligation d'obtenir un visa d'entrée ", a-t-elle insisté.
Le communiqué indique que cela permettrait, en outre, selon ce mécanisme, pour les familles palestiniennes à arriver à destination et à partir de la bande de Gaza avec la nécessité de leur obtention des passeports et de l'identité palestiniens, et de venir étudier à condition de les amener à cet effet, et à travers le passage de Rafah pour le traitement médical en vertu de la conversion médicale.
Il a ainsi expliqué: "les hommes âgés entre 18 et 40 ans doivent obtenir une coordination préalable des ambassades égyptiennes à l'étranger, précisant que ceux en provenance de la bande de Gaza et en Cisjordanie doivent obtenir la coordination de l'ambassade égyptienne à Ramallah.
"Pour les Palestiniens qui ne répondent pas aux conditions d'entrée visées à l'heure, le communiqué a souligné que l'ambassade palestinienne au Caire coordinera avec les autorités concernées en Egypte pour leur transport vers et depuis la bande de Gaza", a également indiqué le communiqué.
Et sur l'entrée des Palestiniens de la Libye à la suite des conditions actuelles, le responsable égyptien a déclaré: "Les autorités en Egypte appliquent des règles sur l'entrée de ceux-ci, qui nécessité de l'obtention du visa d'entrée pour tous les groupes d'âge"
Améliorations au niveau du passage
Dans un contexte lié, le gouvernement palestinien dirigé par Ismaïl Haniyeh a souligné que le côté égyptien viendra améliorer le travail du passage de Rafah dans le sud de la bande de Gaza, à partir de Samedi prochain.
Le Dr. Hassan Abou Hashish, directeur de l'administration des médias au bureau, a déclaré dans un communiqué, mercredi soir, que parmi les améliorations les plus notables sur la passage de Rafah, est l'augmentation de la période du travail, de 6 jours par semaine au lieu de 5 jours (le congé sera uniquement le vendredi), et le travail quotidien de 9 heures à 17 heures.
Il a ajouté que le passage à niveau accueillera les étudiants et les employeurs d'hébergement et des transferts, les femmes et les enfants de moins de dix-huit ans, sans coordination, en plus des hommes qui sont âgés de plus de quarante autres que celles énumérées.
En outre, il a précisé qu'une coordination se fera également pour les personnalités politiques à travers les ministères des Affaires étrangères palestinien et égyptien, et que le dossier des personnes classées sera discuté, pendant les trois prochains mois, et voyageront seulement de l'aéroport du Caire.
Les autorités égyptiennes ont décidé d'ouvrir la frontière de Rafah avec la bande de Gaza sur une base durable, à partir du samedi 28/5, sauf les vendredis et les jours fériés, de neuf heures du matin jusqu'à cinq heures du soir.
La source officielle égyptienne a déclaré, dans un communiqué de presse écrite, publié le mercredi 25/5, que cette mesure s'inscrit dans le cadre des mesures prises par les autorités concernées pour faciliter la circulation du passage des citoyens palestiniens à travers les entrées égyptiennes.
La source a ajouté que les autorités égyptiennes ont pris plusieurs mesures pour faciliter la circulation des citoyens palestiniens les entrées égyptiennes, à partir de Samedi prochain, ajoutant qu'elles ont décidé de mettre en œuvre du mécanisme d'entrée, qui a été mis en œuvre avant 2007.
"Ce mécanisme prévoit une exemption de l'obligation d'obtenir un visa avant, pour chacune des femmes palestiniennes de tous âges, les hommes âgés moins de 18 ans et plus de 40 ans, et les enfants à venir avec leurs parents et qui sont exemptés avant de l'obligation d'obtenir un visa d'entrée ", a-t-elle insisté.
Le communiqué indique que cela permettrait, en outre, selon ce mécanisme, pour les familles palestiniennes à arriver à destination et à partir de la bande de Gaza avec la nécessité de leur obtention des passeports et de l'identité palestiniens, et de venir étudier à condition de les amener à cet effet, et à travers le passage de Rafah pour le traitement médical en vertu de la conversion médicale.
Il a ainsi expliqué: "les hommes âgés entre 18 et 40 ans doivent obtenir une coordination préalable des ambassades égyptiennes à l'étranger, précisant que ceux en provenance de la bande de Gaza et en Cisjordanie doivent obtenir la coordination de l'ambassade égyptienne à Ramallah.
"Pour les Palestiniens qui ne répondent pas aux conditions d'entrée visées à l'heure, le communiqué a souligné que l'ambassade palestinienne au Caire coordinera avec les autorités concernées en Egypte pour leur transport vers et depuis la bande de Gaza", a également indiqué le communiqué.
Et sur l'entrée des Palestiniens de la Libye à la suite des conditions actuelles, le responsable égyptien a déclaré: "Les autorités en Egypte appliquent des règles sur l'entrée de ceux-ci, qui nécessité de l'obtention du visa d'entrée pour tous les groupes d'âge"
Améliorations au niveau du passage
Dans un contexte lié, le gouvernement palestinien dirigé par Ismaïl Haniyeh a souligné que le côté égyptien viendra améliorer le travail du passage de Rafah dans le sud de la bande de Gaza, à partir de Samedi prochain.
Le Dr. Hassan Abou Hashish, directeur de l'administration des médias au bureau, a déclaré dans un communiqué, mercredi soir, que parmi les améliorations les plus notables sur la passage de Rafah, est l'augmentation de la période du travail, de 6 jours par semaine au lieu de 5 jours (le congé sera uniquement le vendredi), et le travail quotidien de 9 heures à 17 heures.
Il a ajouté que le passage à niveau accueillera les étudiants et les employeurs d'hébergement et des transferts, les femmes et les enfants de moins de dix-huit ans, sans coordination, en plus des hommes qui sont âgés de plus de quarante autres que celles énumérées.
En outre, il a précisé qu'une coordination se fera également pour les personnalités politiques à travers les ministères des Affaires étrangères palestinien et égyptien, et que le dossier des personnes classées sera discuté, pendant les trois prochains mois, et voyageront seulement de l'aéroport du Caire.
segunda-feira, 23 de maio de 2011
UN BATEAU FRANÇAIS POUR GAZA ; DES DIZAINES DE PERSONNALITES FRANÇAISES LE SOUTIENNENT
21 mai 2011, http://www.france-palestine.org (France)
Appel de personnalités en soutien au Bateau pour Gaza
Mediapart publie l’appel de la campagne Un bateau français pour Gaza, contre le blocus du territoire et pour le respect du droit international.
"Le blocus de Gaza n’a que trop duré. Nous ne pouvons plus admettre que la population de ce territoire subisse, depuis plus de trois ans maintenant, une situation profondément injuste et inhumaine. Nous ne pouvons accepter que des centaines de milliers d’enfants, de jeunes, de femmes et d’hommes vivent reclus, hantés par la peur du lendemain, les privations de toutes sortes et l’absence totale de perspectives.
Le blocus constitue de fait une punition collective à l’encontre de toute la population civile de Gaza, et représente donc une violation claire du droit humanitaire international. Après l’assaut livré en haute mer à la « Flottille de la liberté », le 31 mai 2010, une pression internationale considérable s’est exercée sur le gouvernement israélien, qui avait annoncé des mesures « d’assouplissement » du blocus.
Qu’en est-il aujourd’hui ? A ce jour, les seuls changements notables observés sont l’augmentation des importations de biens de consommation et de denrées alimentaires et un accroissement des autorisations de circulation aux hommes et femmes d’affaires. Pour le reste, comme vient de le confirmer un rapport publié par 26 ONG européennes, « Des espoirs réduits à néants. Prolongement du blocus de Gaza » (ouvrir en pdf), rien n’a changé à Gaza. 80% de la population dépend de l’aide internationale ; les pannes d’électricité durent 4 à 6 heures par jour et souvent davantage ; 60% de la population ne reçoit l’eau courante qu’une fois tous les 3 à 4 jours, pendant 6-8 heures.
Une économie paralysée par le manque de matières premières et l’impossibilité d’exporter, une population emprisonnée dans son territoire, une précarité insupportable en matière de santé ou d’éducation, tels sont les effets principaux d’un blocus qui ne peut plus durer.
Pour tenter d’y mettre un terme, une nouvelle flottille de la liberté, comprenant un navire français, doit s’élancer vers Gaza au printemps prochain. Nous soutenons cette initiative citoyenne et non-violente.
Alors que de nombreux appels et déclarations des institutions internationales, de l’Union européenne et des Etats sont restés sans effet, aussi bien pour Gaza que pour l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie, nous appelons tous les citoyens de notre pays à soutenir activement le bateau français pour Gaza. Parce que nous voulons manifester notre solidarité envers la population palestinienne de Gaza et lui faire parvenir une aide humanitaire, parce que nous voulons que nos gouvernements transforment leurs déclarations en actes, parce que nous voulons que cesse le blocus.
Quelles que soient nos origines ou nos convictions, nous nous exprimons au nom des valeurs universelles qui ont été proclamées pour que chaque être humain se voie reconnaître sa dignité. Nous ne demandons pas autre chose que le respect du droit international."
• • • • •
La campagne Un bateau français pour Gaza rassemble la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, et d’autres organisations.
Les signataires de l’appel:
Samir Abdallah, réalisateur
Maïté Albagly, économiste, spécialiste genre pour la Commission européenne et la FAO
Alee, chanteur
Guy Alix, écrivain, enseignant
Henri Alleg, militant anticolonialiste, président de l’ACCA
Elisabeth Allès, anthropologue, directrice de recherche au CNRS
Rachid Aous, chercheur en ethnomusicologie maghrébine
Bernard Ascal, compositeur, interprète
Ariane Ascaride, comédienne
Raymond Aubrac, ancien résistant
Laurent Audouin, physicien, enseignant-chercheur
Guy Aurenche, président du CCFD-Terre Solidaire
Etienne Balibar, philosophe
Pierre Barbancey, reporter à l’Humanité
Marie-Christine Barrault, comédienne
Nicole Barrière, poète
Agnès Bastien, documentaliste
Tahar Bekri, écrivain
Rachid Benzine, politologue, islamologue
Alexandre Bilous, journaliste
Philippe Blanchard, compositeur
Jean Boissonat, économiste, journaliste
Dan Bouchery, poète
Mustapha Boutadjine, artiste peintre
Rémi Boyer, auteur
Rony Brauman, ancien président de MSF
Monseigneur Philippe Brizard, directeur de la Maison d’Ananie
Martine Brousse, directrice de la Voix de l’Enfant
Christine Buci-Glucksmann, philosophe
Claude Calame, helléniste, professeur à l’EHESS
Jean-François Capony, Directeur des Editions liturgiques de Sylvanès
Robert Castel, sociologue, directeur d’étude à l’EHESS
Philippe Caubère, comédien, metteur en scène
Paul Cesbron, chef de service de la maternité du centre hospitalier de Creil
Laurence Chable, comédienne
Yves Chabrillat, cardiologue
Jean-Pierre Chagnollaud, professeur des universités
Nahla Chahal, Coordinatrice de la CCIPPP
Charb, dessinateur
François Chérèque, secrétaire général de la Confédération Française Démocratique du Travail
Ismahane Chouder, coordinatrice campagne "Bateau français pour Gaza" à PSM (Participation et Spiritualité Musulmane)
Jean-Arnold de Clermont, pasteur, ancien président de la Fédération protestante de France
Pierre Coquan, responsable CGT
Michel Cosem, écrivain
Françoise Coulmin, poète
Annick Coupé, secrétaire générale de Solidaires
Thomas Coutrot, co-président d’ATTAC
Didier Daeninckx, écrivain
Christophe Dauphin, essayiste et poète
Hubert Debbasch, directeur de Terre entière
Jamel Debbouze, acteur humoriste et producteur
Hervé Delabarre, poète
Claude Delevacq, secrétaire général de l’ARAC
Arielle Denis, co-présidente du Mouvement de la Paix
Claire Denis, réalisatrice
Rokhaya Diallo, chroniqueuse
Catherine Diverrès, chorégraphe
Jean-Pierre Dubois, président de la LDH
Monseigneur Michel Dubost, président de Justice et Paix
Jean-Claude Dulieu, co-président du MRAP
Nabil Ennasri, président du Collectif des Musulmans de France
Maurice Faillevic, cinéaste
Gianfranco Fattorini, co-président du MRAP
Chérif Ferjani, université Lyon 2
Serge François, ancien diplomate
Monseigneur Jacques Gaillot, évêque
Vincent Geisser, sociologue, chargé de recherche au CNRS
Sylvie Germain, écrivain
François Geze, éditeur
Dominique Grange, chanteuse
Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU)
Robert Guediguian, cinéaste
Guizmo, chanteur de Tryo
Nacira Guénif, sociologue et anthropologue
Gisèle Halimi, avocate à la cour de Paris, ancienne ambassadrice de France
Boutros Hallaq, universitaire
Eric Hazan, éditeur
Régis Hebette, metteur en scène, directeur du théâtre L’Échangeur
HK, chanteur du groupe HK & les Saltimbanks
Stéphane Hessel, ambassadeur de France, ancien résistant et écrivain
Bernadette Hétier, co-présidente du MRAP
Robert Hossein, comédien, metteur en scène et cinéaste
Monseigneur Housset, évêque de La Rochelle et Saintes
IAM, groupe de musique
Hassan Iquiouissen, Imam à la mosquée d’Escaudain (59)
Compagnie Jolie Môme, troupe de théâtre
Alain Joxe, directeur d’études à l’EHESS
Marcel Francis Kahn, professeur émérite de médecine
M’hamed Kaki, militant associatif
Abdellatif Laâbi, écrivain
La Caution, groupe de musique
Gaëtane Lamarche-Vadel, philosophe, professeur à l’ENSA Dijon
Hélène Langevin, directeur de recherche honoraire au CNRS
Lionel Lathuille, enseignant, plasticien-poète
Stéphane Le Borgne, Président de la Fédération Artisans du Monde
Jean Christophe Le Duigou, syndicaliste
Jean-Claude Lefort, président de l’AFPS
Jo Leguen, navigateur
Claude Léostic, vice-présidente de l’AFPS
Michel Lequenne, historien
Renée Le Mignot, co-présidente du MRAP
Alban Liechti, président de l’ACCA
Tarek Mami, directeur de Radio France Maghreb
Jean-Paul Manganaro, professeur d’italien à l’Université de Lille
Dominique Manotti, écrivain
Gustave Massiah, économiste
Jacques Maury, ancien président de la Fédération protestante de France
Philippe Merlant, Journaliste, coordinateur de Reporter citoyen
Mohamed Minta, Imam à la mosquée de Décines (69)
Mathilde Monnier, chorégraphe
Roland Nadaus, écrivain, poète
Jean-Luc Nancy, philosophe
Bernard Noël, poète et essayiste
Perrine Olff-Rastegar, porte-parole du Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Paix de Strasbourg
Tareq Oubrou, théologien, imam de la mosquée de Bordeaux
Monseigneur Yves Patenôtre, archevêque de Sens-Auxerre, prélat de la Mission de France
Patrick Peugeot, président de la Cimade
Nicole Phelouzat, CNRS
Ernest Pignon-Ernest, plasticien
Anastassia Politi, metteur en scène, comédienne
Raymonde Poncet, économiste
André Prodhomme, poète
Olivier Py, metteur en scène
Jacques Rancière, philosophe
Denis Renard, secrétaire de l’UD CGT 92
Yves Renoux, conseiller technique national de la FSGT
Eugène Riguidel, navigateur
Titi Robin, chanteur
André Rosevègue, co-président de l’UJFP
Mohamed Rouabhi, auteur dramatique, comédien et metteur en scène
Pierre Saly, historien, président du CJPPPO5
Elias Sanbar, écrivain, ambassadeur de la Palestine à l’UNESCO
Hélène Schebat, travailleur intellectuel précaire
Cheikh Zakaria Seddiki, Diplômé d’Al Azhar, consultant en finances islamiques
Abraham Segal, cinéaste, Trop c’est trop
Sadek Sellam, historien, enseignant
Michèle Sibony, co-présidente de l’UJFP
Siné, dessinateur
Eyal Sivan, cinéaste
Francesca Solleville, chanteuse
Alessandro Stanziani, directeur d’étude au CNRS
Monseigneur Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax Christi France
Jean Stern, Directeur Pédagogique de l’emi-cfd
Jacques Stewart, pasteur, ancien président de la Fédération protestante de France
Nicole Talon, avocate
François Talon, avocat
François Tanguy, metteur en scène
Jacques Tardi, auteur de bande dessiné
Jean Tartier, pasteur, ancien président de la Fédération protestante de France
Jean-François Tealdi, grand reporter, responsable syndicale dans l’audiovisuel public
Philippe Texier, magistrat honoraire et expert à l’ONU
Mélissa Theuriau-Debbouze, journaliste
Bernard Thibault, secrétaire général de la Confédération Générale du Travail
Fathi Tlili, président de l’UTIT
Roger Trefeu, journaliste
Thérèse Trefeu, documentaliste
Marie-Claude Treilhou, cinéaste
Guy Tresallet, secrétaire général de la FSU 93
Marcel Trillat, cinéaste
Aurélie Trouvé, co-présidente d’ATTAC
Fernand Tuil, président de l’AJPF
Marlène Tuininga, présidente de la section française de la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté
Serge Tvetkov, président de la Compagnie Erinna
Jehan van Langhenhoven, poète, écrivain
Dominique Vidal, historien et journaliste
Pierre Villard, co-président du Mouvement de la Paix
Roland Weyl, avocat, vice-président de l’Association des juristes démocrates
Pierrel Zaoui, philosophe
Zebda, groupe de musique
Hassane Zerouky, journaliste à l’Humanité
Abdelbasset Zouiten, Imam au centre Tawhid de Saint denis (93)
Rachid Zrioui, représentant officiel de l’AFD sur la solidarité avec les Palestiniens
________________________________________
Vous pouvez signer aussi sur: www.unbateaupourgaza.fr
Appel de personnalités en soutien au Bateau pour Gaza
Mediapart publie l’appel de la campagne Un bateau français pour Gaza, contre le blocus du territoire et pour le respect du droit international.
"Le blocus de Gaza n’a que trop duré. Nous ne pouvons plus admettre que la population de ce territoire subisse, depuis plus de trois ans maintenant, une situation profondément injuste et inhumaine. Nous ne pouvons accepter que des centaines de milliers d’enfants, de jeunes, de femmes et d’hommes vivent reclus, hantés par la peur du lendemain, les privations de toutes sortes et l’absence totale de perspectives.
Le blocus constitue de fait une punition collective à l’encontre de toute la population civile de Gaza, et représente donc une violation claire du droit humanitaire international. Après l’assaut livré en haute mer à la « Flottille de la liberté », le 31 mai 2010, une pression internationale considérable s’est exercée sur le gouvernement israélien, qui avait annoncé des mesures « d’assouplissement » du blocus.
Qu’en est-il aujourd’hui ? A ce jour, les seuls changements notables observés sont l’augmentation des importations de biens de consommation et de denrées alimentaires et un accroissement des autorisations de circulation aux hommes et femmes d’affaires. Pour le reste, comme vient de le confirmer un rapport publié par 26 ONG européennes, « Des espoirs réduits à néants. Prolongement du blocus de Gaza » (ouvrir en pdf), rien n’a changé à Gaza. 80% de la population dépend de l’aide internationale ; les pannes d’électricité durent 4 à 6 heures par jour et souvent davantage ; 60% de la population ne reçoit l’eau courante qu’une fois tous les 3 à 4 jours, pendant 6-8 heures.
Une économie paralysée par le manque de matières premières et l’impossibilité d’exporter, une population emprisonnée dans son territoire, une précarité insupportable en matière de santé ou d’éducation, tels sont les effets principaux d’un blocus qui ne peut plus durer.
Pour tenter d’y mettre un terme, une nouvelle flottille de la liberté, comprenant un navire français, doit s’élancer vers Gaza au printemps prochain. Nous soutenons cette initiative citoyenne et non-violente.
Alors que de nombreux appels et déclarations des institutions internationales, de l’Union européenne et des Etats sont restés sans effet, aussi bien pour Gaza que pour l’arrêt de la colonisation en Cisjordanie, nous appelons tous les citoyens de notre pays à soutenir activement le bateau français pour Gaza. Parce que nous voulons manifester notre solidarité envers la population palestinienne de Gaza et lui faire parvenir une aide humanitaire, parce que nous voulons que nos gouvernements transforment leurs déclarations en actes, parce que nous voulons que cesse le blocus.
Quelles que soient nos origines ou nos convictions, nous nous exprimons au nom des valeurs universelles qui ont été proclamées pour que chaque être humain se voie reconnaître sa dignité. Nous ne demandons pas autre chose que le respect du droit international."
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La campagne Un bateau français pour Gaza rassemble la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, et d’autres organisations.
Les signataires de l’appel:
Samir Abdallah, réalisateur
Maïté Albagly, économiste, spécialiste genre pour la Commission européenne et la FAO
Alee, chanteur
Guy Alix, écrivain, enseignant
Henri Alleg, militant anticolonialiste, président de l’ACCA
Elisabeth Allès, anthropologue, directrice de recherche au CNRS
Rachid Aous, chercheur en ethnomusicologie maghrébine
Bernard Ascal, compositeur, interprète
Ariane Ascaride, comédienne
Raymond Aubrac, ancien résistant
Laurent Audouin, physicien, enseignant-chercheur
Guy Aurenche, président du CCFD-Terre Solidaire
Etienne Balibar, philosophe
Pierre Barbancey, reporter à l’Humanité
Marie-Christine Barrault, comédienne
Nicole Barrière, poète
Agnès Bastien, documentaliste
Tahar Bekri, écrivain
Rachid Benzine, politologue, islamologue
Alexandre Bilous, journaliste
Philippe Blanchard, compositeur
Jean Boissonat, économiste, journaliste
Dan Bouchery, poète
Mustapha Boutadjine, artiste peintre
Rémi Boyer, auteur
Rony Brauman, ancien président de MSF
Monseigneur Philippe Brizard, directeur de la Maison d’Ananie
Martine Brousse, directrice de la Voix de l’Enfant
Christine Buci-Glucksmann, philosophe
Claude Calame, helléniste, professeur à l’EHESS
Jean-François Capony, Directeur des Editions liturgiques de Sylvanès
Robert Castel, sociologue, directeur d’étude à l’EHESS
Philippe Caubère, comédien, metteur en scène
Paul Cesbron, chef de service de la maternité du centre hospitalier de Creil
Laurence Chable, comédienne
Yves Chabrillat, cardiologue
Jean-Pierre Chagnollaud, professeur des universités
Nahla Chahal, Coordinatrice de la CCIPPP
Charb, dessinateur
François Chérèque, secrétaire général de la Confédération Française Démocratique du Travail
Ismahane Chouder, coordinatrice campagne "Bateau français pour Gaza" à PSM (Participation et Spiritualité Musulmane)
Jean-Arnold de Clermont, pasteur, ancien président de la Fédération protestante de France
Pierre Coquan, responsable CGT
Michel Cosem, écrivain
Françoise Coulmin, poète
Annick Coupé, secrétaire générale de Solidaires
Thomas Coutrot, co-président d’ATTAC
Didier Daeninckx, écrivain
Christophe Dauphin, essayiste et poète
Hubert Debbasch, directeur de Terre entière
Jamel Debbouze, acteur humoriste et producteur
Hervé Delabarre, poète
Claude Delevacq, secrétaire général de l’ARAC
Arielle Denis, co-présidente du Mouvement de la Paix
Claire Denis, réalisatrice
Rokhaya Diallo, chroniqueuse
Catherine Diverrès, chorégraphe
Jean-Pierre Dubois, président de la LDH
Monseigneur Michel Dubost, président de Justice et Paix
Jean-Claude Dulieu, co-président du MRAP
Nabil Ennasri, président du Collectif des Musulmans de France
Maurice Faillevic, cinéaste
Gianfranco Fattorini, co-président du MRAP
Chérif Ferjani, université Lyon 2
Serge François, ancien diplomate
Monseigneur Jacques Gaillot, évêque
Vincent Geisser, sociologue, chargé de recherche au CNRS
Sylvie Germain, écrivain
François Geze, éditeur
Dominique Grange, chanteuse
Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU)
Robert Guediguian, cinéaste
Guizmo, chanteur de Tryo
Nacira Guénif, sociologue et anthropologue
Gisèle Halimi, avocate à la cour de Paris, ancienne ambassadrice de France
Boutros Hallaq, universitaire
Eric Hazan, éditeur
Régis Hebette, metteur en scène, directeur du théâtre L’Échangeur
HK, chanteur du groupe HK & les Saltimbanks
Stéphane Hessel, ambassadeur de France, ancien résistant et écrivain
Bernadette Hétier, co-présidente du MRAP
Robert Hossein, comédien, metteur en scène et cinéaste
Monseigneur Housset, évêque de La Rochelle et Saintes
IAM, groupe de musique
Hassan Iquiouissen, Imam à la mosquée d’Escaudain (59)
Compagnie Jolie Môme, troupe de théâtre
Alain Joxe, directeur d’études à l’EHESS
Marcel Francis Kahn, professeur émérite de médecine
M’hamed Kaki, militant associatif
Abdellatif Laâbi, écrivain
La Caution, groupe de musique
Gaëtane Lamarche-Vadel, philosophe, professeur à l’ENSA Dijon
Hélène Langevin, directeur de recherche honoraire au CNRS
Lionel Lathuille, enseignant, plasticien-poète
Stéphane Le Borgne, Président de la Fédération Artisans du Monde
Jean Christophe Le Duigou, syndicaliste
Jean-Claude Lefort, président de l’AFPS
Jo Leguen, navigateur
Claude Léostic, vice-présidente de l’AFPS
Michel Lequenne, historien
Renée Le Mignot, co-présidente du MRAP
Alban Liechti, président de l’ACCA
Tarek Mami, directeur de Radio France Maghreb
Jean-Paul Manganaro, professeur d’italien à l’Université de Lille
Dominique Manotti, écrivain
Gustave Massiah, économiste
Jacques Maury, ancien président de la Fédération protestante de France
Philippe Merlant, Journaliste, coordinateur de Reporter citoyen
Mohamed Minta, Imam à la mosquée de Décines (69)
Mathilde Monnier, chorégraphe
Roland Nadaus, écrivain, poète
Jean-Luc Nancy, philosophe
Bernard Noël, poète et essayiste
Perrine Olff-Rastegar, porte-parole du Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Paix de Strasbourg
Tareq Oubrou, théologien, imam de la mosquée de Bordeaux
Monseigneur Yves Patenôtre, archevêque de Sens-Auxerre, prélat de la Mission de France
Patrick Peugeot, président de la Cimade
Nicole Phelouzat, CNRS
Ernest Pignon-Ernest, plasticien
Anastassia Politi, metteur en scène, comédienne
Raymonde Poncet, économiste
André Prodhomme, poète
Olivier Py, metteur en scène
Jacques Rancière, philosophe
Denis Renard, secrétaire de l’UD CGT 92
Yves Renoux, conseiller technique national de la FSGT
Eugène Riguidel, navigateur
Titi Robin, chanteur
André Rosevègue, co-président de l’UJFP
Mohamed Rouabhi, auteur dramatique, comédien et metteur en scène
Pierre Saly, historien, président du CJPPPO5
Elias Sanbar, écrivain, ambassadeur de la Palestine à l’UNESCO
Hélène Schebat, travailleur intellectuel précaire
Cheikh Zakaria Seddiki, Diplômé d’Al Azhar, consultant en finances islamiques
Abraham Segal, cinéaste, Trop c’est trop
Sadek Sellam, historien, enseignant
Michèle Sibony, co-présidente de l’UJFP
Siné, dessinateur
Eyal Sivan, cinéaste
Francesca Solleville, chanteuse
Alessandro Stanziani, directeur d’étude au CNRS
Monseigneur Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax Christi France
Jean Stern, Directeur Pédagogique de l’emi-cfd
Jacques Stewart, pasteur, ancien président de la Fédération protestante de France
Nicole Talon, avocate
François Talon, avocat
François Tanguy, metteur en scène
Jacques Tardi, auteur de bande dessiné
Jean Tartier, pasteur, ancien président de la Fédération protestante de France
Jean-François Tealdi, grand reporter, responsable syndicale dans l’audiovisuel public
Philippe Texier, magistrat honoraire et expert à l’ONU
Mélissa Theuriau-Debbouze, journaliste
Bernard Thibault, secrétaire général de la Confédération Générale du Travail
Fathi Tlili, président de l’UTIT
Roger Trefeu, journaliste
Thérèse Trefeu, documentaliste
Marie-Claude Treilhou, cinéaste
Guy Tresallet, secrétaire général de la FSU 93
Marcel Trillat, cinéaste
Aurélie Trouvé, co-présidente d’ATTAC
Fernand Tuil, président de l’AJPF
Marlène Tuininga, présidente de la section française de la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté
Serge Tvetkov, président de la Compagnie Erinna
Jehan van Langhenhoven, poète, écrivain
Dominique Vidal, historien et journaliste
Pierre Villard, co-président du Mouvement de la Paix
Roland Weyl, avocat, vice-président de l’Association des juristes démocrates
Pierrel Zaoui, philosophe
Zebda, groupe de musique
Hassane Zerouky, journaliste à l’Humanité
Abdelbasset Zouiten, Imam au centre Tawhid de Saint denis (93)
Rachid Zrioui, représentant officiel de l’AFD sur la solidarité avec les Palestiniens
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Vous pouvez signer aussi sur: www.unbateaupourgaza.fr
sexta-feira, 20 de maio de 2011
LA REVOLUTION ARABE FRAPPE AUX PORTES D’ISRAËL
Mai 17 2011, Humanité (France) http://www.humanite.fr
Les soldats de l’armée israélienne ont fait feu sur des milliers de manifestants palestiniens qui, depuis le Liban, la Syrie et la Jordanie, commémoraient la Nakba, l’exil de tout un peuple contraint de fuir ses terres ancestrales.
Le quotidien israélien Haaretz ne s’y est pas trompé. Commentant la mobilisation exceptionnelle de dimanche, jour de la commémoration de la Nakba – la catastrophe – pour les Palestiniens, il a titré : « La révolution arabe a frappé hier aux portes d’Israël. » Mais frapper à la porte d’Israël s’avère dangereux. La commémoration a été ensanglantée par des violences sans précédent, qui ont fait au moins 16 morts et des centaines de blessés, la plupart à la périphérie des territoires palestiniens, dans le Golan syrien occupé, et au Liban.
Sur le Golan, l’armée israélienne a ouvert le feu sur des manifestants palestiniens venus de Syrie qui avaient pénétré dans la partie occupée. Deux protestataires ont été tués et quatre grièvement blessés. Dix personnes ont été tuées par des tirs israéliens à la frontière libanaise, où des milliers de réfugiés palestiniens s’étaient rassemblés dans la localité de Maroun ar-Ras, à un kilomètre d’Israël. Haaretz n’a pas manqué de relever que «le scénario catastrophe qu’Israël redoute depuis sa création s’est réalisé : que des réfugiés palestiniens marchent tout simplement de leurs camps vers la frontière pour tenter d’exercer leur droit au retour».
«Répression mortelle », selon le PC d’israël
Cette mobilisation est sans précédent en nombre, mais, surtout, elle a été observée partout : à Gaza, en Égypte, en Jordanie, en Cisjordanie et parmi les Palestiniens de 1948, c’est-à-dire ceux vivant en Israël. « Si les réfugiés en Syrie et en Jordanie sentent que le régime dans ces pays s’affaiblit et que la réconciliation palestinienne avec le Hamas leur confère une nouvelle légitimité, ils risquent de relever la tête et, avec l’encouragement des forces islamiques, de défier l’État d’Israël », craint un responsable politique dans les colonnes du quotidien Maariv, ne voulant voir qu’un danger islamiste là où l’expression populaire ne fait que reprendre les résolutions de l’ONU.
Le Parti communiste israélien a condamné cette « répression mortelle » et appelle à développer la campagne pour la reconnaissance de l’État palestinien dans les frontières de 1967.
L’armée israélienne a accusé le pouvoir syrien d’avoir « organisé cette manifestation violente pour tenter de détourner l’opinion mondiale de ce qu’il se passe dans ses villes ». Mais ces déclarations ne font pas illusion.
Accusations «infantiles et non professionnelles»
Le spécialiste des questions de sécurité du quotidien Yediot Aharonot juge « infantiles et non professionnelles » ces accusations contre la Syrie et l’Iran et met en garde contre « d’autres tentatives d’organiser des manifestations de masse, et pas seulement à partir de la Syrie ». Selon lui, « cela pourrait se produire en juin, au moment de la flottille pour Gaza, ou en septembre, en conjonction avec la déclaration d’un État palestinien ».
Incontestablement la donne change au Moyen-Orient. Le printemps arabe libère de nouvelles forces et la règle du jeu n’est plus la même, les États-Unis, l’Europe et même Israël ne pouvant plus compter sur le rôle plus que conciliant de certains pays, notamment l’Égypte. « Les manifestants qui ont pénétré dans le village druze sur les contreforts du mont Hermon (dans le Golan syrien occupé – NDLR) ont brisé l’illusion qu’Israël pouvait vivre confortablement, une “villa dans la jungle”, totalement coupé des événements extraordinaires qui l’entourent », estime Haaretz. (P. B.)
Les soldats de l’armée israélienne ont fait feu sur des milliers de manifestants palestiniens qui, depuis le Liban, la Syrie et la Jordanie, commémoraient la Nakba, l’exil de tout un peuple contraint de fuir ses terres ancestrales.
Le quotidien israélien Haaretz ne s’y est pas trompé. Commentant la mobilisation exceptionnelle de dimanche, jour de la commémoration de la Nakba – la catastrophe – pour les Palestiniens, il a titré : « La révolution arabe a frappé hier aux portes d’Israël. » Mais frapper à la porte d’Israël s’avère dangereux. La commémoration a été ensanglantée par des violences sans précédent, qui ont fait au moins 16 morts et des centaines de blessés, la plupart à la périphérie des territoires palestiniens, dans le Golan syrien occupé, et au Liban.
Sur le Golan, l’armée israélienne a ouvert le feu sur des manifestants palestiniens venus de Syrie qui avaient pénétré dans la partie occupée. Deux protestataires ont été tués et quatre grièvement blessés. Dix personnes ont été tuées par des tirs israéliens à la frontière libanaise, où des milliers de réfugiés palestiniens s’étaient rassemblés dans la localité de Maroun ar-Ras, à un kilomètre d’Israël. Haaretz n’a pas manqué de relever que «le scénario catastrophe qu’Israël redoute depuis sa création s’est réalisé : que des réfugiés palestiniens marchent tout simplement de leurs camps vers la frontière pour tenter d’exercer leur droit au retour».
«Répression mortelle », selon le PC d’israël
Cette mobilisation est sans précédent en nombre, mais, surtout, elle a été observée partout : à Gaza, en Égypte, en Jordanie, en Cisjordanie et parmi les Palestiniens de 1948, c’est-à-dire ceux vivant en Israël. « Si les réfugiés en Syrie et en Jordanie sentent que le régime dans ces pays s’affaiblit et que la réconciliation palestinienne avec le Hamas leur confère une nouvelle légitimité, ils risquent de relever la tête et, avec l’encouragement des forces islamiques, de défier l’État d’Israël », craint un responsable politique dans les colonnes du quotidien Maariv, ne voulant voir qu’un danger islamiste là où l’expression populaire ne fait que reprendre les résolutions de l’ONU.
Le Parti communiste israélien a condamné cette « répression mortelle » et appelle à développer la campagne pour la reconnaissance de l’État palestinien dans les frontières de 1967.
L’armée israélienne a accusé le pouvoir syrien d’avoir « organisé cette manifestation violente pour tenter de détourner l’opinion mondiale de ce qu’il se passe dans ses villes ». Mais ces déclarations ne font pas illusion.
Accusations «infantiles et non professionnelles»
Le spécialiste des questions de sécurité du quotidien Yediot Aharonot juge « infantiles et non professionnelles » ces accusations contre la Syrie et l’Iran et met en garde contre « d’autres tentatives d’organiser des manifestations de masse, et pas seulement à partir de la Syrie ». Selon lui, « cela pourrait se produire en juin, au moment de la flottille pour Gaza, ou en septembre, en conjonction avec la déclaration d’un État palestinien ».
Incontestablement la donne change au Moyen-Orient. Le printemps arabe libère de nouvelles forces et la règle du jeu n’est plus la même, les États-Unis, l’Europe et même Israël ne pouvant plus compter sur le rôle plus que conciliant de certains pays, notamment l’Égypte. « Les manifestants qui ont pénétré dans le village druze sur les contreforts du mont Hermon (dans le Golan syrien occupé – NDLR) ont brisé l’illusion qu’Israël pouvait vivre confortablement, une “villa dans la jungle”, totalement coupé des événements extraordinaires qui l’entourent », estime Haaretz. (P. B.)
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