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terça-feira, 21 de junho de 2011

Journée mondiale des réfugiés - Le droit au retour des réfugiés palestiniens, enjeu central pour la paix au Proche-Orient

20 Juin 2011, l’Association France Palestine Solidarité http://www.france-palestine.org (France)

Paris, le 20 juin 2011

Alors que des milliers de réfugiés palestiniens ont tenté de franchir les frontières d’Israël à partir du Liban et de la Syrie le 15 mai dernier, anniversaire de la Nakba, l’armée israélienne n’a pas hésité à tirer, faisant 13 morts et plusieurs centaines de blessés – l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) souligne que l’enjeu des réfugiés est plus que jamais central pour la résolution du conflit au Proche-Orient. L’AFPS rappelle la nécessité absolue pour Israël de se conformer au droit international, en particulier quant au droit au retour aux réfugiés palestiniens.

« Les événements du 15 mai dernier sont révélateurs de la nécessité pour Israël de reconnaître le droit au retour des réfugiés palestiniens » a déclaré Jean-Claude Lefort, président de l’AFPS. « Les réfugiés palestiniens constituent la plus importante population de réfugiés au monde. En reconnaissant ce droit, condition admise par Israël en 1949 pour devenir membre de l’ONU, il s’agit de donner satisfaction aux aspirations légitimes des Palestiniens et d’appliquer le droit international, afin d’arriver à une paix juste et durable au Proche-Orient. » a-t-il ajouté.

Entre 1947 et 1949, quelque 800 000 Palestiniens, soit 85% de la population palestinienne, furent expulsés d’environ 500 villes et villages par les forces qui allaient devenir l’armée israélienne puis par Israël. Aujourd’hui, l’essor démographique fait que ce sont plus de 4,8 millions de réfugiés palestiniens qui vivent en Jordanie, au Liban, en Syrie et dans les territoires palestiniens occupés eux-mêmes. Israël a adopté dès 1950 une « loi des absents » permettant à l’État israélien de récupérer les biens des Palestiniens empêchés d’habiter leurs propriétés.

Les conditions de vie des réfugiés sont très souvent extrêmement difficiles, particulièrement au Liban. Un récent rapport de l’UNRWA indique qu’à Gaza, les réfugiés – qui composent les deux tiers de la population – souffrent d’un taux de chômage de 45,3%, en raison du blocus illégal imposé par Israël.

La résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU, adoptée en décembre 1948, a établi le droit de retour des réfugiés palestiniens. Alors que certains paramètres d’une paix au Proche-Orient sont sur le devant de la scène – notamment la reconnaissance d’un État palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale – le droit au retour des réfugiés palestiniens ne peut être oublié. L’AFPS réaffirme son attachement au règlement de ce problème et du même coup à une solution pacifique et durable au conflit du Proche-Orient sur la base du droit.

sexta-feira, 20 de maio de 2011

LA REVOLUTION ARABE FRAPPE AUX PORTES D’ISRAËL

Mai 17 2011, Humanité (France) http://www.humanite.fr

Les soldats de l’armée israélienne ont fait feu sur des milliers de manifestants palestiniens qui, depuis le Liban, la Syrie 
et la Jordanie, commémoraient la Nakba, l’exil de tout un peuple contraint de fuir ses terres ancestrales.


Le quotidien israélien Haaretz ne s’y est pas trompé. Commentant la mobilisation exceptionnelle de dimanche, jour de la commémoration de la Nakba – la catastrophe – pour les Palestiniens, il a titré : « La révolution arabe a frappé hier aux portes d’Israël. » Mais frapper à la porte d’Israël s’avère dangereux. La commémoration a été ensanglantée par des violences sans précédent, qui ont fait au moins 16 morts et des centaines de blessés, la plupart à la périphérie des territoires palestiniens, dans le Golan syrien occupé, et au Liban.

Sur le Golan, l’armée israélienne a ouvert le feu sur des manifestants palestiniens venus de Syrie qui avaient 
pénétré dans la partie occupée. Deux protestataires ont été tués et quatre grièvement blessés. Dix personnes ont été tuées par des tirs israéliens à la frontière libanaise, où des milliers de réfugiés palestiniens s’étaient rassemblés dans la localité de Maroun ar-Ras, à un kilomètre d’Israël. Haaretz n’a pas manqué de relever que «le scénario catastrophe qu’Israël redoute depuis sa création s’est réalisé : que des réfugiés palestiniens marchent tout simplement de leurs camps vers la frontière pour tenter d’exercer leur droit au retour».

«Répression mortelle », selon le PC d’israël
Cette mobilisation est sans précédent en nombre, mais, surtout, elle a été observée partout : à Gaza, en Égypte, en Jordanie, en Cisjordanie et parmi les Palestiniens de 1948, c’est-à-dire ceux vivant en 
Israël. « Si les réfugiés en Syrie et en Jordanie sentent que le régime dans ces pays s’affaiblit et que la réconciliation palestinienne avec le Hamas leur confère une nouvelle légitimité, ils risquent de relever la tête et, avec l’encouragement des forces islamiques, de défier l’État d’Israël », craint un responsable politique dans les colonnes du quotidien Maariv, ne voulant voir qu’un danger islamiste là où l’expression populaire ne fait que reprendre les résolutions de l’ONU.

Le Parti communiste israélien a condamné cette « répression mortelle » et appelle à développer la campagne pour la reconnaissance de l’État palestinien dans les frontières de 1967.

L’armée israélienne a accusé le pouvoir syrien d’avoir « organisé cette manifestation violente pour tenter de détourner l’opinion mondiale de ce qu’il se passe dans ses villes ». Mais ces déclarations ne font pas illusion.

Accusations «infantiles et non professionnelles»
Le spécialiste des questions de sécurité du quotidien Yediot Aharonot juge « infantiles et non professionnelles » ces accusations contre la 
Syrie et l’Iran et met en garde contre « d’autres tentatives d’organiser des manifestations de masse, et pas seulement à partir de la Syrie ». Selon lui, « cela pourrait se produire en juin, au moment de la flottille pour Gaza, ou en septembre, en conjonction avec la déclaration d’un État palestinien ».

Incontestablement la donne change au Moyen-Orient. Le printemps arabe libère de nouvelles forces et la règle du jeu n’est plus la même, les États-Unis, l’Europe et même Israël ne pouvant plus compter sur le rôle plus que conciliant de certains pays, notamment l’Égypte. « Les manifestants qui ont pénétré dans le village druze sur les contreforts du mont Hermon (dans le Golan syrien occupé – NDLR) ont brisé 
l’illusion qu’Israël pouvait vivre confortablement, une “villa dans la jungle”, totalement coupé des événements extraordinaires qui l’entourent », estime Haaretz. (P. B.)