quarta-feira, 24 de agosto de 2011

IL FAUT SOUTENIR L'ETAT PALESTINIEN!


22 août 2011, Le Monde (France)

Jean-Claude Lefort, président de l'association France-Palestine solidarité (AFPS)

C'est désormais certain : en septembre, les Palestiniens demanderont à être accueillis comme le 194e nouvel Etat au sein de l'ONU - un Etat aux frontières claires et indiscutables, celles de 1967, avec pour capitale Jérusalem-Est.

Cette perspective constitue une issue effective pour sortir des fausses négociations d'hier et de leur blocage total d'aujourd'hui. Ces discussions jamais abouties butent en particulier sur ce problème : celui des frontières du futur Etat palestinien.

En accueillant la Palestine sur la base des frontières édictées par le droit international, cela clarifiera de manière nette ces paramètres essentiels d'un accord de paix et cela répondra enfin concrètement et effectivement à cette question posée depuis 1947 : les Palestiniens ont droit à un Etat. C'est une exigence fondamentale. Il y aura ainsi à l'ONU deux Etats à égalité : la Palestine et Israël.

Conforme à la justice, à la sécurité de chacun et au droit international, cette perspective d'un Etat palestinien sur ces bases a toujours été récusée par les dirigeants israéliens, sauf à un trop bref moment. Et aujourd'hui, c'est encore pire. Le refus israélien est net, indiscutable, hautain.

C'est de ce côté-là, et uniquement de ce côté-là, que viennent les obstacles et que se trouvent les causes de l'aggravation de la situation, y compris sociale. Mais du même coup, du fait de la colonisation israélienne débridée, plus le temps passe et moins cette perspective devient crédible. Et derrière cette absence de solution basée sur le droit et la justice, il y a plus qu'un grand trou noir, non seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour Israël. Nétanyahou conduit son pays à l'abîme.

Et ceux qui se refusent à indiquer clairement qu'ils voteront pour l'admission de l'Etat palestinien à l'ONU sont non seulement des pousse-au-crime vis-à-vis des Palestiniens, mais ils le sont aussi vis-à-vis des Israéliens. Ce sont véritablement des irresponsables eu égard aux devoirs impérieux que leur confère la charte des Nations unies, et cela vaut spécialement pour les membres permanents du Conseil de sécurité.

On entend certains d'entre eux, occidentaux, expliquer que cette reconnaissance compliquerait plus qu'autre chose un accord de paix qu'ils disent privilégier. Mais de qui se moquent-ils ? Depuis le temps, depuis leur feuille de route et autres discussions en tout genre, où est-il donc, cet accord de paix promis, programmé noir sur blanc? Nulle part et, tout comme l'horizon, plus on avance dans le temps et plus il s'éloigne.

Les choses sont clairement acquises : les dirigeants israéliens n'entendent pas respecter le droit international. Dès lors aucun accord n'est possible.

Ce conflit dure depuis plus de quarante ans, pour ne retenir que la période récente. Et si l'ONU parle, elle n'agit pas. Or c'est précisément son rôle que d'agir quand un conflit ne trouve pas de débouchés dans un dialogue de paix entre les parties en présence.

C'est précisément pour cela que l'ONU a été créée : pour en finir une fois pour toutes avec les guerres, qu'elles soient locales ou plus larges. Et, partout où des situations de guerre ont existé, les Nations unies sont intervenues. Sauf à un endroit : au Proche-Orient.

Le moment a sonné de mettre chaque dirigeant de la planète, en particulier les membres permanents du Conseil de sécurité, devant leurs responsabilités. Et si l'idée existe qu'un de ceux-ci poserait son veto à cette admission, alors il faut qu'un rapport de forces non discutable, immense en vérité, le contraigne à l'acte qu'il refuserait. D'une façon ou d'une autre.

C'est pourquoi l'heure n'est pas à se perdre en conjectures sur les scenarii qui peuvent se produire en septembre prochain où la question de l'admission de la Palestine à l'ONU sera posée. L'heure est à la mobilisation pour qu'un plus grand nombre de pays possible annonce et déclare vouloir reconnaître et admettre l'Etat palestinien en septembre à l'ONU.

De ce point de vue, la position que prendra l'Union européenne est décisive. Elle est même stratégique. Que va-t-elle faire ? Nous n'en savons encore rien.

Il convient donc que notre pays, la France, déclare hautement et sans perdre plus de temps qu'il votera en faveur de cette admission de la Palestine à l'ONU et qu'il soit, avec tous les alliés possibles, à la pointe des efforts à produire pour entraîner l'ensemble européen sur cette voie.

Notre feuille de route est donc claire : agir pour que la France dise sans plus tarder qu'elle votera à l'ONU pour que la Palestine en devienne membre en septembre prochain ; agir pour que notre pays prenne la tête, avec ses alliés potentiels, pour que l'Union européenne adopte la même position.

Il n'y a pas de troisième voie possible pour que la paix puisse se frayer enfin un chemin au Proche-Orient. Il est temps. Plus que temps. C'est comme une dernière chance. Pour les Palestiniens. Et pour les Israéliens.

Les vrais amis des uns et des autres devraient y songer. Et surtout agir en ce sens pour qu'une chance soit enfin donnée à la paix.

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